Connaissez-vous la fable de la grenouille qui voulait se prendre pour un bœuf ? Laissez-nous vous raconter l’histoire du héron qui se prenait pour un grizzli.
Maître héron, sur son piquet perché, a repéré quelque chose.
Et Maître Héron semble avoir toutes les peines du monde à y parvenir. Plusieurs minutes passent pendant lesquelles il agite le poisson pour le faire descendre, rajoute de l’eau pour aider à glisser, abandonne sa proie puis réessaie… Rien n’y fait.
À travers les sentiers du bois du château de Menucourt, les rayons du soleil se faufilent doucement à travers les feuilles… Chaque pas révèle la beauté naturelle qui nous entoure, accompagnée par les chants de nos amis oiseaux. Cette escapade nous permet d’éveiller les sens, elle est une invitation à la détente mais aussi à la découverte, où chaque coin cache une petite merveille à admirer.
Voilà une vraie pépinière qui se tient devant nous ! Pas moins d’une dizaine de jeunes pousses ont choisi cette souche comme lieu de germination. Bon choix ! Cette souche pouvant retenir l’humidité créé un microclimat favorable à la croissance des jeunes plants. Sa décomposition fournie notamment des nutriments essentiels et sa texture devient un support solide pour les racines en développement. On peut aussi noter la présence de micro-organismes bénéfiques dans la souche qui ne peuvent que favoriser la santé et la croissance de ces jeune pousses.
La clochette des bois avait choisi ce moment pour sortir de son sommeil. Le muguet, délicat et parfumé, évoque le renouveau printanier, il émerge timidement des sous-bois, enchantant les promeneurs de son parfum suave.
Drôle de mousse n’est ce pas ? Elle est une espèce de plantes bryophytes, commune dans les forêts acidiphiles (milieux acides). Elle est souvent utilisée comme mousse décorative ! Afin de vous en dire plus, nous avons prévu un article qui paraîtra la semaine prochaine.
Le bois de Menucourt a fait face à de sacrées tempêtes ces derniers temps et certaines souches d’arbre se sont effondrées au sol emportant avec elles leur motte de terre. Quand on se place devant, on ne fait pas le malin, la hauteur de cette souche atteignant pas loin de 2,5 mètres, c’est dire du fantastique réseau racinaire que possédait cet arbre !
Autre type de souche que nous avons pu observer, celle-ci montre une cassure relativement nette. L’arbre devait être à l’origine assez fragilisé et une bonne tempête aura eu raison de lui. Mais attention, dans les bois rien ne se perd ! La souche présente des toiles d’araignées, mais aussi des champignons ou encore des trous et cavités, laissant paraître l’habitats d’insectes et de micromammifères.
Pour aujourd’hui, petite galerie de papillons de jour (des Rhopalocères), on vous présente les Hespéries. Observables d’avril à septembre, ces papillons ont une tête aussi large que leur thorax. Leur coloration est généralement discrète et uniforme. Leurs antennes sont distinctement écartées à la base, avec une extrémité en forme de massue épaisse. Leurs ailes courtes sont plutôt triangulaires voire arrondies.
Petit papillon de prairies, friches, lisières ou encore clairières, l’Hespérie de la mauve s’accoutume de nombreux milieux. Son envergure dépasse rarement les 2,5 cm. Les adultes butinent beaucoup les Potentilles et les petites fabacées et d’ailleurs les mâles sont assez territoriaux ! Son nom latin malvae désigne la mauve, identifiée par erreur comme la plante-hôte de l’espèce par Carl Von Linné, en effet ses plantes-hôtes sont généralement les rosacées herbacées et les potentilles.
De son envergure de 2,5 à 3 cm, cette Hespérie de l’alcée habite dans les milieux ouverts tels que les pelouses, prairies, parc urbains voire les talus de bord de route. Les mâles se perchent souvent au sommet de leur fleur pour surveiller leur territoire, ils n’hésitent d’ailleurs pas à chasser les papillons de passage ! A contrario avec l’Hespérie de la mauve, ce papillon a pour plante-hôte les Malvacées : les Mauves.
Le nom de genre Carcharodus signifie « aux dents pointues » et renvoie à l’aspect déchiqueté du bord des ailes de ces Hespéries. Il ressemble d’ailleurs beaucoup au nom de genre du Grand Requin blanc Carcharodon carcharias.
Mignon papillon bien poilu qui apprécie les pelouses sèches, les friches, les landes sur les coteaux, surtout exposées vers le sud. Il est possible d’observer des adultes se rassemblant en très grand nombre sur les sols humides des bords de cours d’eau avec d’autres Hespéries et Lycénidés.
L’Hespérie des Sanguisorbes voit actuellement ses populations décliner du fait de la fermeture des pelouses sèches.
La Sylvaine est la plus « plastique » de tous les Hespéries, en colonisant tous les milieux en friche, à la ville ou à la campagne, sur les bords des routes ou dans les jardins.
Ce papillon vole si rapidement qu’il est difficile de le suivre à l’œil. Heureusement, il se pose régulièrement ce qui permet de l’identifier correctement. On considère la Virgule comme relativement rare. Pour les plus chanceux, il est possible de l’observer butiner des Astéracées (cires et achillées), mais plutôt dans le sud de la France.
Originaire d’Amérique, des études phylogénétiques ont montré que sa colonisation de l’Eurasie date d’il y a environ 1 million d’année !
Sources
Guide pratique des papillons de jour – JP.MOUSSUS, T.LORIN, A.COOPER – Edition Delachaux & Niestlé 2022
Lors d’une petite visite dans le bois de Menucourt, nous avons fait l’observation d’une herbe haute, bien verte et assez farfelue… Un Carex !
Alors oui mais lequel ? Sur les 58 recensés en Île de France, nous voilà en face au Carex sylvatica, communément appelé la Laîche des bois. Cette plante de la famille des Cypéracées, se plait bien dans les boisements de notre territoire.
Omniprésente dans tous les boisements de la région, sans véritable lacune; ce carex est une espèce qui aime l’ombre ou le demi-ombre, les sols frais et profonds : layons, coupes et sous-bois des chênaies-charmaies, hêtraies et autre boisements… La Laîche des bois est l’une des plus communes en Île-de-France.
On la reconnait par sa couleur verdoyante, un port touffu, ses longues feuilles élancées vers le haut avec une légère inclinaison. Elle entre en période de floraison entre mai et aout, le Carex sylvatica se compose de petits épillets verts le long de ses tiges. Avec un unique épi mâle brun clair et allongé quand il n’est pas encore ouvert, et trois à cinq épis femelles qui pendent à l’extrémité de longs pédoncules.
Un carex beau et élancé, mais on vous conseille tout de même de faire attention en le manipulant. Carex venant du mot « kairo » en grec, signifie littéralement « couper », faisant référence aux feuilles finement dentelées sur les bords, qui peuvent occasionnellement blesser la peau de la main si elle glisse dessus ! Prenez garde…
Les jardins sont souvent perçus comme les reflets de l’harmonie entre l’Homme et la nature, ces lieux ont captivé et inspiré l’humanité à travers les âges. Des simples potagers aux jardins parfaits à la française inspirés d’André Le Nôtre, chaque type de jardin raconte une histoire unique, reflétant la culture, le climat et les aspirations de ceux qui les cultivent. Cependant, on observe que les jardins peuvent être à la fois des atouts et des défis pour la biodiversité, selon la manière dont ils sont aménagés et entretenus…
Ce rapport est une ressource précieuse pour quiconque souhaite créer un espace accueillant pour la biodiversité. Il couvre une gamme de sujets essentiels, de la gestion de l’eau à la création d’habitats pour différentes espèces, en passant par des conseils pratiques sur la manière de favoriser la diversité des plantes et des animaux dans un environnement urbain ou domestique.
Il est aussi bien utile pour ceux qui veulent faire leur part pour soutenir la biodiversité locale tout en créant des espaces agréables et fonctionnels. Vous y trouvez aussi des réponses aux questions fréquemment posées aux naturalistes qui aident à dissiper les préoccupations ou les malentendus courants.
Une partie est consacrée aux espèces végétales locales et est particulièrement intéressante, elle encourage l’utilisation de plantes adaptées au climat et au sol de la région, ce qui peut contribuer à promouvoir la résilience et la durabilité écologique à long terme.
En somme, ce carnet est une ressource complète pour ceux qui veulent agir en faveur de la biodiversité dans leur jardin.
Bravo à celles et ceux qui ont trouvé notre belle stellaire !
Largement distribuée en Île-de-France, on vous présente la Stellaire holostée, Stellaria holostea. Cette plante herbacée vivace appartient à la famille des Caryophyllacées et fleurit généralement au printemps et au début de l’été (avril à juin). Ses fleurs, d’un blanc pur, sont souvent mises en valeur par un feuillage vert vif, créant un contraste saisissant avec le paysage environnant.
Originaire des régions tempérées de l’hémisphère nord, la fleur stellaire holostée pousse dans les prairies, les lisières forestières et les zones herbeuses. Elle se caractérise notamment par ses tiges rudes portant des grappes de petites fleurs blanches disposées en forme d’ombelle au sommet. Chaque tige mesure 30 à 60 cm, les fleurs vont de 20 à 30 millimètres de diamètre et sont bien plus grandes que les sépales.
La Stellaire holostée tire son nom évocateur de la disposition étoilée de ses petites fleurs blanches mais aussi de ses tiges rigides et cassantes évoquant des « os ». Le terme grec holos veut dire «entier» et osteum «os», holostea est donc «tout en os» !
Sources
Flore d’Ile-de-France – Clés de détermination, taxonomie, statuts par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot – Collection guide pratique 2013
Flore d’Ile-de-France par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot – Collection guide pratique 2011
Je suis une étoile dans le jardin céleste, Aux pétales lumineux, je me manifeste. Mon nom évoque l’unité, la complétude, Dans les cieux floraux, je suis une certitude.
Les hirondelles et les martinets, deux groupes emblématiques des oiseaux migrateurs, sont depuis toujours des symboles de l’arrivée du printemps et de la douceur des jours d’été. Leur silhouette gracieuse dans le ciel, leurs vols acrobatiques et leurs chants joyeux font partie intégrante de notre paysage et ne vont pas tarder à venir égayer nos journées. Cependant, ces espèces, qui ont élu domicile dans nos constructions, sont particulièrement vulnérables aux travaux de rénovation ou d’isolation.
La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) Île-de-France lance une enquête citoyenne afin de mieux identifier la présence des nids d’hirondelles et de martinets. L’objectif principal de cet observatoire est de sensibiliser l’ensemble de la population et de prévenir les destructions de nids (rappel : les hirondelles et martinets sont des espèces protégées, la destruction des nids est interdite et passible d’une amende relativement salée). Un bel exemple de préservation des nids sur un bâtiment est celui du château de Grouchy !
Nous revoilà avec nos faux pissenlits et pour se faire on reste dans le thème avec des plantes de la famille des astéracées jaunes : j’ai nommé les Séneçons.
Il est possible d’observer une dizaine d’espèces de Séneçon en Île-de-France dont le célèbre Séneçon du Cap, le Séneçon jacobée, le Séneçon commun ou encore le Séneçon visqueux.
Sur le plan étymologique, Séneçon ou Senecio son nom scientifique, vient du latin senex « vieillesse » ou « sénescence » qui fait probablement allusion aux aigrettes blanches des fruits.
Le fruit du Séneçon commun est celui qui se rapproche le plus du pissenlit. Ce séneçon est une plante annuelle omniprésente et très abondante dans toute la région. Physiquement il présente de longs poils laineux formant souvent des bourres à l’aisselle des feuilles et rameaux, il se distingue par sa tige dressée et ramifiée, pouvant mesurer de 10 à 50 cm de hauteur.
Considéré comme une adventice urbaine, il se trouve facilement dans les friches, pépinières, décombres, trottoirs, jardins etc… Il n’est cependant pas le bien venu dans les prairies puisqu’il semble être toxique en cas d’ingestion par les herbivores.
Du côté du séneçon de Jacobée (Jacobaea vulgaris) la différence avec le pissenlit est d’autant plus marquée que ce séneçon a deux types de fleurs : ligulées (en forme de pétale) et tubulées (en forme de tube) ; comme une pâquerette par exemple.
Ces fleurs ont un lien fort avec les pollinisateurs, on note par exemple le papillon Goutte de sang dont la chenille est inféodée au séneçon de Jacobée.
L’occasion de vous parler du deuxième épisode du cycle de conférences Fausses bonnes idées, « Les abeilles domestiques vs les pollinisateurs sauvages » qui aura lieu le 29 avril. Le programme complet et inscription sur la page de l’Agence Régionale de la Biodiversité.
Joli papillon de la famille des Hespéridés, l’hespérie de la mauve est distribuée dans toute l’Europe et bien qu’elle soit peu commune sur le territoire. De mai à août cette Hespérie papillonnera dans les coteaux fleuris et les prairies humides qu’elle affectionne particulièrement.
Les chenilles de ce papillon se trouvent principalement sur des Rosacées (une famille cosmopolite qui comprend aussi bien des plantes herbacées vivaces que des arbustes ou des arbres), notamment des potentilles tels que le fraisier des bois ou encore la ronce commune. En revanche, elle ne pond pas sur les mauves… Il semblerait qu’elle est été confondue avec l’hespérie de l’alcée il y a de cela quelques siècles et le nom sera resté.
Le dessus des ailes gris brun, est marqué par de nombreuses taches blanches de même taille mais, contrairement à l’hespérie des sanguisorbes, le bord des ailes antérieures est dépourvu de la série de taches parallèle au bord. Le dessous des ailes, gris jaunâtre ou verdâtre, parfois roux, présente des taches blanches anguleuses dont une forme d’enclume sur les ailes postérieures.