C’est lors d’une balade dans les hauteurs de la forêt de l’Hautil que mon regard s’est posé sur un arbre cultivant un attrait tout particulier pour la mycologie.

Pour rappel, la mycologie est l’étude des champignons. Dans le cas présent, cet ancien châtaigner semble être un excellent exemple des capacités de colonisation de notre champignon du jour.

Le développement entrepris par cette tramète versicolore sur les restes de l’arbre nous laisse entrevoir un véritable petit jardin fleuri, redonnant comme une seconde vie à celui-ci. Les différents carpophores (chapeaux du champignon), enchevêtrés les uns sur les autres, ainsi que les belles nuances de couleurs qu’ils présentent, peuvent évoquer de délicates fleurs. Le simple arbre mort se transforme alors en une fabuleuse roseraie à l’ambiance forestière.

L’impressionnant recouvrement de cet arbre par la tramète est très certainement dû à un seul et même individu. En effet, ce vaste regroupement de carpophores n’est que la manifestation extérieure du champignon : son véritable corps se développe à l’intérieur du bois. Cette partie, que l’on observe rarement, est appelée le mycélium. C’est d’ailleurs lui qui participe activement à la décomposition de l’arbre, permettant de classer la tramète versicolore parmi les champignons dits « lignivores », c’est-à-dire se nourrissant de lignine, l’un des principaux composants du bois.

Attention aux confusions ! La tramète versicolore peut être confondue avec un autre champignon lignivore déjà rencontré dans ce bois: la stérée remarquable. On peut toutefois les distinguer grâce à la teinte de la partie supérieure du carpophore. Celle de la stérée remarquable présente des couleurs plutôt brunes, orangées, voire rousses, tandis que la tramète versicolore arbore des teintes plus sombres, mêlant nuances de bleu, de vert pâle, de gris, de marron et de cuivre.

La tramète versicolore intervient dans la décomposition des arbres morts de nos boisements. Son rôle, comme celui de bien d’autres champignons, est nécessaire pour garantir ensuite l’intervention d’autres êtres vivants comme notamment certains insectes décomposeurs et mangeurs de matières organiques. Dans la nature tout ce qui est mort est finalement propice à la vie !

Merci à Matthieu Delagnes pour la rédaction de cet article et pour avoir mis en lumière cette découverte faite au détour d’une balade en forêt.
Sources :
MycoDB : Fiche de Trametes versicolor
Champignons comestibles et vénéneux, de A.Maublanc, 7e édition de J.Perreau







