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Roses en forêt et dentelles fongiques

C’est lors d’une balade dans les hauteurs de la forêt de l’Hautil que mon regard s’est posé sur un arbre cultivant un attrait tout particulier pour la mycologie.

La tramète versicolore, Trametes versicolor – Menucourt @ CACP – Athénaïs Phocas

Pour rappel, la mycologie est l’étude des champignons. Dans le cas présent, cet ancien châtaigner semble être un excellent exemple des capacités de colonisation de notre champignon du jour.

La tramète versicolore, Trametes versicolor – Menucourt @ CACP – Athénaïs Phocas

Le développement entrepris par cette tramète versicolore sur les restes de l’arbre nous laisse entrevoir un véritable petit jardin fleuri, redonnant comme une seconde vie à celui-ci. Les différents carpophores (chapeaux du champignon), enchevêtrés les uns sur les autres, ainsi que les belles nuances de couleurs qu’ils présentent, peuvent évoquer de délicates fleurs. Le simple arbre mort se transforme alors en une fabuleuse roseraie à l’ambiance forestière.

La tramète versicolore, Trametes versicolor – Menucourt @ CACP – Athénaïs Phocas

L’impressionnant recouvrement de cet arbre par la tramète est très certainement dû à un seul et même individu. En effet, ce vaste regroupement de carpophores n’est que la manifestation extérieure du champignon : son véritable corps se développe à l’intérieur du bois. Cette partie, que l’on observe rarement, est appelée le mycélium. C’est d’ailleurs lui qui participe activement à la décomposition de l’arbre, permettant de classer la tramète versicolore parmi les champignons dits « lignivores », c’est-à-dire se nourrissant de lignine, l’un des principaux composants du bois.

La Stérée remarquable, Stereum subtomentosum – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas

Attention aux confusions ! La tramète versicolore peut être confondue avec un autre champignon lignivore déjà rencontré dans ce bois: la stérée remarquable. On peut toutefois les distinguer grâce à la teinte de la partie supérieure du carpophore. Celle de la stérée remarquable présente des couleurs plutôt brunes, orangées, voire rousses, tandis que la tramète versicolore arbore des teintes plus sombres, mêlant nuances de bleu, de vert pâle, de gris, de marron et de cuivre.

La tramète versicolore, Trametes versicolor – Menucourt @ CACP – Athénaïs Phocas

La tramète versicolore intervient dans la décomposition des arbres morts de nos boisements. Son rôle, comme celui de bien d’autres champignons, est nécessaire pour garantir ensuite l’intervention d’autres êtres vivants comme notamment certains insectes décomposeurs et mangeurs de matières organiques. Dans la nature tout ce qui est mort est finalement propice à la vie !

La tramète versicolore, Trametes versicolor – Menucourt @ CACP – Athénaïs Phocas

Merci à Matthieu Delagnes pour la rédaction de cet article et pour avoir mis en lumière cette découverte faite au détour d’une balade en forêt.

Sources :

MycoDB : Fiche de Trametes versicolor

Champignons comestibles et vénéneux, de A.Maublanc, 7e édition de J.Perreau

Retrouvez ici d’autres articles sur les champignons :

L’armiliaire couleur de miel

Le cycle de vie des champignons

Champignons bleus !

L’amadouvier

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Galerie de dendromicrohabitats

Durant nos dernières sorties, nous avons pu observer un bon nombre de dendromicrohabitats, pourquoi pas vous en faire découvrir quelques uns…
Mais où se trouvent-ils ? … Dans les arbres ! Et particulièrement les plus vieux. Ces derniers présentent un fort intérêt pour la biodiversité car ils offrent tout un tas de recoins, de crevasses ou de cavités qui accueillent une faune diversifiée. Ces particularités se nomment dendromicrohabitats.

Les dendromicrohabitats de « habitat », précédé des préfixes « dendro » = relié aux arbres et « micro » = petit, minuscule; sont littéralement des petits milieux habitables pour certaines espèces que l’on retrouve dans les arbres. Ils constituent des lieux indispensables de refuge, de reproduction, d’hibernation et de nutrition pour de très nombreuses espèces. Chaque type de dendromicrohabitat accueille des espèces spécifiques. Plus ils sont variés et nombreux dans un peuplement, plus les chances d’accueillir une diversité d’espèces sont grandes.

Extrait du Guide de poche des dendromicrohabitats

Au cœur d’une forêt ou sur un simple arbre isolé dans la campagne, les dendromicrohabitats nous entourent et il ne nous reste plus qu’à ouvrir l’œil !

Arbre mort sur pied – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas

Ce grand hêtre bien âgé mort sur pied est couvert d’une multitude de cavités naturelles. Les trous d’oiseaux ou les zones pourries à l’intérieur du tronc, offrent des refuges pour une variété d’animaux, y compris les oiseaux, les chauves-souris, les insectes xylophages (qui se nourrissent du bois) et même certains mammifères.

Cavité d’arbre recouverte d’une toile d’araignée – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas
Grande cavité créée par une branche qui s’est arrachée – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas
Cavités d’insectes et probablement de micromammifères ou reptiles – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas
Cavités d’insectes et probablement de micromammifères ou reptiles – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas

En fonction de leur emplacement, qu’elles se trouvent près du sol et en contact direct avec celui-ci ou plus haut sur le tronc, les cavités remplies de terreau peuvent jouer différents rôles. Elles peuvent servir de site de reproduction pour des coléoptères spécialisés ou de refuge pour divers vertébrés tels que des amphibiens, des oiseaux, des lézards ou des mammifères.

Branche arrachée – Menucourt © CACP – Athénaïs Phocas

Les vestiges de charpentière brisée font partie de cette forme de dendromicrohabitat. Ces blessures exposant du bois ainsi que les fentes facilitent l’accès à beaucoup de colonisateurs primaires. Elles sont un point d’entrée privilégié pour les champignons dont les spores sont transportées par le vent. 

Dendrotelme – Axe majeur © CACP – Emilie Périé

Un dendrotelme est une cavité remplie d’eau, souvent temporairement. Plusieurs espèces d’insectes, notamment des diptères, et des micro-crustacés dépendent des dendrotelmes comme milieu indispensable.

Cavité remplie d’eau – Axe majeur © CACP – Emilie Périé

Sources

Guide de poche des dendromicrohabitats par R. Bütler, T. Lachat, F. Krumm, D. Kraus, L. Larrieu

IBP – Indice de biodiversité potentielle (cnpf.fr)

Agenda

Concours de l’arbre valdoisien de l’année

Dans le cadre des Journées de l’arbre, le Conseil départemental du Val d’Oise lance le Concours de l’arbre valdoisien de l’année !

Que vous soyez un particulier ou une institution, vous pouvez proposer un de vos arbres, pour la sélection 2019. Elle sera soumise aux votes des internautes et des organisateurs de la manifestation, pour respectivement le Prix du public et celui des organisateurs.

Aussi, vous avez jusqu’au 30 avril 2019 pour  faire une proposition par courriel à  mathilde.maisano@valdoise.fr, avec les éléments suivants:

  • nom de l’arbre, espèce
  • âge, taille (si possible)
  • histoire, anecdote sur cet arbre
  • emplacement (adresse)
  • photo récente de l’arbre

Retrouvez le règlement de ce concours.

L'actualité des jardins

Le guide technique de l’arbre que vous attendiez !

arbresJardiniers professionnels, la version française du guide technique « Arbres en milieu urbain » est enfin disponible. Cet ouvrage collectif anglais qui fait le point sur les meilleures techniques visant à  la bonne intégration de l’arbre en ville a pu être traduit grâce à  l’action de VAL’HOR, l’interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage. Il est accessible gratuitement en ligne :

Arbres en milieu urbain – guide de mise en œuvre

Plantations récentes à  Maurecourt © Gilles Carcassès
Trottoirs plantés à  Maurecourt © Gilles Carcassès

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

L’arbre aux doigts de braise – suite

Bravo aux experts qui ont reconnu un érable, sans doute acer saccharinum ou érable argenté. Les fleurs sont groupées par cinq, chacune présentant deux stigmates colorés, chargés de recueillir les grains de pollen, d’où l’aspect en paquets de dix doigts. Sur cette espèce on peut trouver des fleurs femelles, des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites.

Dommage que ce grand arbre ait un bois cassant, car il est très décoratif.

Chez le noisetier, espèce monoà¯que (fleurs mâles et femelles séparées sur le même pied), une floraison semblable peut être observée : les fleurs femelles développent chacune  quatre à  dix-huit styles d’un rouge brillant. Chez cette espèce, les fleurs mâles sont assemblées en longs chatons pendants.

fleurs femelles de noisetiers qui donneront dans l'été les noisettes © Gilles Carcasses
fleurs femelles de noisetiers qui donneront dans l’été les noisettes © Gilles Carcasses

http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-81728?referentiel=bdtfx&niveau=2&module=fiche&action=fiche&num_nom=219&type_nom=nom_scientifique&nom=acer%20saccharinum