L'actualité de la Nature

L’observatoire des vers luisants

Le Centre National de la Recherche Scientifique et le Groupe Associatif Estuaire se sont associés pour fonder à  l’échelle nationale un observatoire des vers luisants. Ces insectes discrets sont très utiles car ils consomment des limaces et des escargots ; malheureusement, ils semblent en déclin dans certaines régions. L’observatoire vise à  mieux connaître la répartition des différentes espèces présentes en France, leur écologie, et les conditions du bon état de leurs populations.

Femelle de Lampyris © Gérard Hequet
Femelle de Lampyris © Gérard Hequet

Les vers luisants sont en fait les femelles dépourvues d’ailes de coléoptères de la famille des Lampyridae. La lumière émise par les femelles guide vers elles les mâles qui les cherchent en volant. Cette femelle a escaladé un brin d’herbe et se contorsionne pour exposer sa « lanterne » vers le ciel.

Participez à  l’Observatoire des Vers Luisants

Notre article l’an dernier sur ce sujet avait suscité de nombreux commentaires

Le ver luisant par insectes-net

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Les antophores de la préfecture

Le bassin de la préfecture du Val d'Oise © Gilles Carcassès
Le parc François-Mitterrand vu de la préfecture du Val d’Oise © Gilles Carcassès

Du bord du parvis de la préfecture à  Cergy, on peut admirer le parc et ses bassins.

Terriers d'andrènes © Gilles Carcassès
Terriers d’abeilles sauvages © Gilles Carcassès

Dans la jardinière formant parapet, que la pyramide inversée de la préfecture abrite de la pluie, survivent à  grand peine quelques Euphorbia myrsinites. Ces plantes bien méritantes bénéficient tout au plus d’un peu de brouillard ou de quelques flocons de neige portés par le vent.

Du coup la terre est très sèche. Et c’est une aubaine pour les abeilles sauvages qui y creusent de solides galeries pour y loger  les réserves de pollen pour leur descendance !

Ces abeilles sauvages, excellentes pollinisatrices du printemps et tout à  fait inoffensives, vont et viennent les pattes chargées d’un pollen rouge brillant que je n’ai pas pu identifier. J’ai bien essayé de les suivre, mais elles volent plus vite que moi.

En observant de près l’entrée de ces terriers, j’ai trouvé à  terre une abeille morte.

Andrena sp © Gilles Carcassès
Antophora femelle – Cergy © Gilles Carcassès

Ne dirait-on pas un nounours tout poilu ? Il s’agit d’un anthophore femelle, très probablement de l’espèce Anthophora plumipes, de loin la plus commune des 15 espèces que l’on peut observer dans la moitié nord de la France. C’est sur les longs poils denses de ses pattes postérieures que cet insecte amasse le pollen pour le rapporter dans son terrier.

Anthophora plumipes mâle - Courdimanche © Gilles Carcassès
Anthophora plumipes mâle au ravitaillement sur une fleur de pensée – Courdimanche © Gilles Carcassès

Les mâles d’Anthophora plumipes sont très faciles à  reconnaitre : une « plume » orne le premier article du tarse de leurs pattes médianes. Ils émergent quelques jours avant les femelles et patrouillent sur leur territoire, où abondent les plantes fleuries. Ils apprécient particulièrement les Lamiacées et les Fabacées. Les langues longues des anthophores sont en effet très bien adaptées pour aller chercher le nectar au fond de corolles profondes, comme celles du lamier blanc (une Lamiacée) par exemple. Lorsqu’une femelle arrive sur son territoire pour se nourrir, le mâle attend qu’elle s’immobile pour sauter vivement sur son dos, la saisissant par ses pattes antérieures et postérieures. Il agite alors ses pattes médianes : un truc infaillible pour séduire les femelles…

J’ai observé que les mâles de cette espèce fréquentent aussi les massifs fleuris, butinant les pensées, avec une préférence inexpliquée pour celles à  fleurs jaunes.

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L’affaire des gousses trouées

En promenade aux Plants à  Cergy, j’ai repéré l’été dernier ces gousses géantes tombées d’un arbre qu’on appelle févier. Voilà  un très beau matériau, brillant, coloré et joliment ondulé, idéal pour un futur atelier de création de mobiles à  la Maison de la Nature de Vauréal. Je les ai donc stockées dans mes réserves. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir ces jours-ci, en ouvrant la boîte, une nuée de bestioles sorties des gousses par de petits trous ? Chaque graine a été dévorée et ces sales bêtes ont tout gâché ! Allez hop, tout le monde dehors !

Gousses de févier trouées © Gilles Carcassès
Gousses de févier trouées © Gilles Carcassès

Tout de même, j’aimerais bien savoir qui est la cause de ma déception. Gilles me donnera la réponse : il paraît que c’est la bruche du févier. Et c’est même une nouveauté, quelle chance…

Bruchidius dorsalis sur une gousse de févier © Gilles Carcassès
Megabruchidius dorsalis sur une gousse de févier © Gilles Carcassès

Megabruchidius dorsalis est un coléoptère invasif qui nous vient d’Asie. Sa larve consomme les fruits du févier (Gleditisia triacanthos), ce bel arbre américain résistant à  la sècheresse que l’on plante souvent en ville sur les trottoirs des grandes avenues. Cet insecte a été observé pour la première fois en France en 2011 au parc départemental de Sceaux et à  Paris sur les Champs Elysées.

Bruchidius dorsalis se distigue de l'espèce voisine tonkineus par l'absence d'une grande épine à  l'extrémité du tibia de la patte postérieur © Gilles Carcassès
Megabruchidius dorsalis se distigue de l’espèce voisine tonkineus par l’absence d’une grande épine à  l’extrémité du tibia de la patte postérieure © Gilles Carcassès

Les insectes invasifs des féviers, par le Jardin botanique de l’Université de Strasbourg

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Le péritèle gris

Sur l’un des églantiers de la butte à  Juju, caché dans les mèches touffues d’une galle bédégar, j’ai déniché ce péritèle : une bien belle prise assurément, même s’il est commun au printemps.

Peritelus © Gilles Carcassès
Peritelus sphaeroides sur une galle bédégar – Cergy © Gilles Carcassès

Ce charançon de petite taille est essentiellement forestier. Sa larve consomme les jeunes racines des arbres, et l’adulte grignote le bord des feuilles, on le rencontre parfois sur le châtaignier. Cet insecte s’attaque aussi au pêcher et à  la vigne, et il peut faire des dégâts de défoliation sur les jeunes plants.

Comme souvent chez les charançons, sa carapace est noire, ce sont ses écailles qui lui donnent sa couleur.

De magnifiques photos du péritèle gris sur le blog « Le jardin de Lucie »

 

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Piégés deux soirs de suite !

Arum maculatum - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès
Arum maculatum – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Vous avez sans doute déjà  remarqué ces grandes spathes claires et leur curieuse massue violette dans les sous-bois humides ou dans les haies. Ces spadices sont les inflorescences du gouet (Arum maculatum). Sous la massue violette stérile, l’enroulement de la spathe cache une chambre florale. On y trouve de haut en bas : des fleurs stériles réduites à  l’état de poils blancs, des fleurs mâles groupées d’aspect rougeâtre et un épi de fleurs femelles, blanches et globuleuses.

Fleur d'arum ouverte © Gilles Carcassès
Fleur d’arum ouverte (au premier jour de floraison) © Gilles Carcassès

La pollinisation de cet espèce est digne d’un roman. Le premier soir, à  la tombée de la nuit, la massue chauffe par un processus chimique et émet une odeur d’excrément qui attire des moucherons de plusieurs espèces. Ceux-ci glissent à  l’intérieur de la chambre et malgré leurs tentatives ne peuvent ressortir en raison de la présence des poils blancs qui obstruent le passage. Le lendemain en début d’après-midi, les étamines des fleurs mâles libèrent leur pollen puis les poils fanent laissant libre le passage aux insectes qui se sont couverts de pollen dans l’ascension vers la liberté. Le soir, ces mêmes insectes, attirés une seconde fois par l’inflorescence d’un autre arum en début de floraison, tombent à  nouveau dans le piège. Ils fécondent alors les fleurs femelles de cet arum. On voit sur la photo ci-dessus un de ces petits diptères captifs posé sur une fleur femelle à  la base de l’inflorescence.

Moucheron sur un arum © Gilles Carcassès
Libéré par mon intervention, ce moucheron s’aventure sur la spathe © Gilles Carcassès
Les étamines de cet arum sont mà»res © Gilles Carcassès
Le lendemain, les étamines de cet arum sont mà»res et libèrent leur pollen © Gilles Carcassès
© Gilles Carcassès
Les fleurs femelles ainsi fécondées donneront en été ces épis de baies toxiques © Gilles Carcassès

La pollinisation des Araceae, par l’OPIE

Un dossier pédagogique très complet sur l’Arum maculatum

 

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Opération vers de terre au parc du château de Menucourt

A la mi-avril, nous avons appliqué le protocole de l’Observatoire participatif des vers de terre dans le parc du château de Menucourt, en creusant nos six trous de 20 cm par 20 cm sur 25 cm de profondeur. Nous les avons placé dans des milieux volontairement différents afin d’apprécier les variations d’abondance et de diversité des espèces.

Dans la prairie © Gilles Carcassès
Dans la prairie © Gilles Carcassès
Dans la pelouse © Gilles Carcassès
Dans la pelouse © Gilles Carcassès

Les mottes soigneusement émiettées à  la main ont livré leurs vers de terre. Et voilà  le classement : champion toutes catégories, la prairie. Les vers de terre sont en grand nombre et toutes les catégories sont représentées.

En seconde position vient la lisère forestière, puis le boisement et la prairie humide.

La pelouse arrive assez loin derrière.

Bon dernier, le massif de renouées du Japon : deux vers de terre seulement !

Voilà  qui nous conforte dans nos préférences de gestion : la prairie héberge beaucoup plus de faune, y compris souterraine, que la pelouse régulièrement tondue.

Stenolophus teutonus © Gilles Carcassès
Stenolophus teutonus © Gilles Carcassès

En fouillant la terre d’un de nos trous creusé dans une prairie humide, nous avons vu courir ce carabe rouge et noir. Il s’agit très probablement de cette petite espèce fréquente dans les marais : Stenolophus teutonus.

Les carabes, alliés de la biodiversité et de l’agriculture, par l’INRA

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Une Grosse bête dans notre chalet…

Posée sur la fenêtre du chalet nature de l’Ile de Loisirs de Cergy, elle se fait bronzer au soleil du printemps. Cet étrange insecte nous interpelle par ses couleurs et sa forme. Il a une tête de punaise…Sortons nos livres !

PUNAISE 1
Au chalet de l’Ile de Loisirs de Cergy-Pontoise © Sylvain Daguenet

Pas de punaise dans nos pages avec des pattes aussi épineuses. Heureusement nous avons le plan G : envoyer les photos à  Gilles pour détermination.

PUNAISE 2
Résultat : Leptoglossus occidentalis © Sylain Daguenet

Ah oui, l’image de l’article du blog de Gilles correspond tout à  fait à  notre visiteuse.

Pas étonnant pour une punaise des pins, notre chalet est en bois de pin ! Plus sérieusement le chalet est entouré de pins.

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Dans la série des grosses larves

Chenille d'hépiale © Gilles Carcassès
Chenille d’hépiale © Gilles Carcassès

Presque 4 cm de long : assurément, c’est une belle larve ! Elle était dans la terre d’une zone de friche au parc du château de Menucourt, sous une touffe d’herbe. On aperçoit ses trois paires de vraies pattes munies d’une griffe et plus loin sous l’abdomen ses fausses pattes qui l’aident dans sa progression souterraine. De sa chrysalide émergera un papillon de nuit assez discret aux ailes disposées en toit au repos. Les chenilles d’hépiales consomment les racines de nombreuses plantes, elles peuvent parfois causer des dégâts aux cultures. On ne compte dans cette famille que 9 espèces en France.

La petite hépiale du houblon par l’INRA

Les deux autres grosses larves que l’on peut trouver dans la terre du jardin

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Morilles, ou pas morilles ?

Alors, 2016 sera-t-elle un bonne année pour les morilles ? A Cergy-Pontoise, on commence à  désespérer…
Mais cette jolie découverte est venue me réconforter.

Helvella monachella © Gilles Carcassès
Helvella monachella, l’helvelle petite-nonne – Cergy © Gilles Carcassès

Avec son chapeau marron foncé sur un pied blanc, cette helvelle printanière joue à  fausse-morille. Les mycologues locaux signalent sa rareté. Pourtant, le 19 avril 2016, j’en ai vu deux belles stations : dans la pelouse d’un square public de Cergy et à  l’Ile de loisirs de Cergy-Pontoise. La consommation de cette espèce n’est pas recommandée, elle est même franchement toxique à  l’état cru.

Faute de morilles, je suis allé ramasser quelques mousserons de printemps, au parfum envoà»tant, en forêt de Saint-Germain-en-Laye.

Calocybe gambosa © Gilles Carcassès
Calocybe gambosa, le mousseron de printemps © Gilles Carcassès

En faisant ma cueillette, j’ai surpris ce Scaphidium quadrimaculatum, un beau coléoptère forestier amateur de champignons. J’ai pu faire une photo avant qu’il se laisse tomber dans les feuilles mortes.

Scaphidium quadrimaculatum © Gilles Carcassès
Scaphidium quadrimaculatum © Gilles Carcassès
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Le petit peuple des barbacanes

On appelle barbacanes ces fentes ménagées dans les murs de soutènement, elles sont destinées à  évacuer l’eau de drainage. En voici un exemple à  Vauréal :

Belles barbacanes © Gilles Carcassès
Barbacanes © Gilles Carcassès

De la terre fine s’écoule de l’ouverture. Curieux, je jette un œil à  l’intérieur.

Andrena © Gilles Carcassès
Abeille solitaire © Gilles Carcassès

Ce sont des abeilles solitaires qui escaladent la pente abrupte et font rouler quelques grains de terre sèche sous leurs pas. Elles habitent tout au fond de cette cavité. Ces insectes, inoffensifs et bons pollinisateurs, creusent des terriers dans les parois de terre et y entassent du pollen pour la nourriture de leurs larves.

Andrena vue de dos © Gilles Carcassès
Andrène vue de dos © Gilles Carcassès

La pilosité dense et épaisse qui équipe leurs pattes postérieures leur permet de transporter le pollen. Celle abeille ouvre aimablement les ailes. L’examen de la nervation alaire me confirme la famille des Andrenidae.

A l’entrée de la barbacane, il y a du monde !

Bombylius major - Vauréal © Gilles Carcassès
Bombylius major – Vauréal © Gilles Carcassès

Ce bombyle bichon pondra ses œufs à  l’entrée des terriers des abeilles solitaires et ses larves se développeront au détriment de celles des andrènes. Comme chez les Villa (autre genre de la famille des Bombylidae), la femelle possède une poche à  sable dont elle se sert pour alourdir ses œufs poisseux et mieux les projeter. Un peu plus bas, un Nomada semble aussi guetter le moment propice pour commettre son forfait. Les larves de Nomada consomment également les provisions des abeilles sauvages au fond de leur terrier. C’est pour cela qu’on les nomme guêpes coucous. Il existe en France au moins 80 espèces de Nomada et certaines d’entre elles sont spécialisées dans le parasitage d’une seule espèce d’abeille solitaire.

Nomada - Vauréal © Gilles Carcassès
Nomada – Vauréal © Gilles Carcassès

J’observe aussi qu’une mouche grise tournicote à  l’entrée de la barbacane et finit par se poser sur le mur.

Leucophora - Vauréal © Gilles Carcassès
Leucophora – Vauréal © Gilles Carcassès

Les dessins de sa tête sont caractéristiques du genre Leucophora. Les leucophores sont des mouches coucous. Mais cette mouche n’ira pas pondre dans le terrier de l’abeille, car c’est un mâle. Il attend le passage d’une femelle de son espèce.

Une andrène se repose à  l'entrée de la barbacane. © Gilles Carcassès
Une andrène se repose à  l’entrée de la barbacane. © Gilles Carcassès