De plus, elle n’est pas en reste question outillage ! Si on l’appelle torchepot, c’est parce qu’elle est capable d’adapter l’ouverture d’une cavité dans un arbre à l’aide d’un torchis de boue pour se faire un nid. Et pour manger, lorsqu’elle se nourrit en forêt (de glands, de noisettes et autres fruits à coques), elle bloque le fruit dans l’écorce d’un arbre (un vieux chêne par exemple) tel un étau et le frappe de son bec. Démonstration :
Si vous croisez des fruits percés bloqués dans les rainures d’une écorce il s’agit sans doute des restes du repas d’une sittelle… Ou d’un pic, ils connaissent aussi la combine !
C’est un repas hivernal. A la belle saison, elle consomme plutôt des insectes.
Discrète
La sittelle n’est pas un très gros oiseau, ni très démonstratif. Pensez à lever les yeux en forêt pour l’apercevoir.
Nous vous proposons ces belles réflexions de l’Agence Régionale de la Biodiversité en àŽle-de-France sur les sciences naturalistes pendant le confinement.
La pratique du compostage collectif entamée dans la bonne humeur vire soudain à la soupe à la grimace : « Beurk, il y a des mouches dans ton composteur ! »
Heureusement qu’elles sont là , ces petites mouches, leurs larves participent activement au travail de transformation de la matière organique ! L’explication scientifique saura-t-elle vaincre les réticences et enrayer les défections ? Pas sà»r…
Les composteurs peuvent héberger de nombreuses espèces de diptères, notamment des drosophiles et des mouches de terreau. Cette espèce-ci, gracieuse comme un petit flocon, appartient à une autre famille, celles des Psychodidae.
Ses ailes sont couvertes de longues écailles qui lui donnent un air de papillon. Psychoda surcoufi est l’une des rares espèces de sa famille à être facile à reconnaître : une bande sombre zigzague en travers de son aile pâle.
Une espèce coprophage et cosmopolite
L’espèce apprécie particulièrement les bouses de vaches, les lisiers, les latrines. Elle a conquis le Monde en accompagnant depuis longtemps les hommes et leurs animaux dans les voyages au long cours.
On la croise souvent au jardin, posée sur les composteurs.
Observations au compost
Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.
Parmi les plantes horticoles : rosiers, céanothes, choisyas, lauriers, coronilles, pommiers et autres arbustes, les plantes sauvages trouvent aussi leur place.
Et ce printemps n’est pas avare en fleurs : géraniums, alliaires, chelidoines, vesces, myosotis et pissenlits offrent généreusement couleurs, senteurs et nectar à nos amis les butineurs.
A la suite de l’osmie cornue, Osmia cornuta, la noire et feu, c’est l’osmie rousse, Osmia bicornis, plus blonde que la précédente, qui a entrepris d’occuper toute ma fenêtre. J’ai donc installé un deuxième hôtel qui commence à se remplir. J’ai maintenant un vrai petit lotissement ! Il y a 7 nids occupés dans les hôtels et sans doute autant dans les fenêtres de la maison.
Des chanteurs
Et la star est la fauvette à tête noire, Sylvia atricapilla, qui ne manque pas une occasion de donner de la voix.
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Mais aussi la mésange bleue, Cyanistes caeruleus, plus discrète pendant qu’elle construit son nid.
Le ciel aussi est un formidable espace d’observation. Tous les soirs j’admire le ballet des pigeons et des perruches qui regagnent Paris pour la nuit après s’être nourris dans la campagne francilienne. Mais j’ai également eu le droit à des passages plus atypiques, comme celui du héron cendré. Et bien plus haut dans le ciel ce sont les buses variables et les faucons crécerelles qui mènent la danse. Trop loin pour l’objectif malheureusement, mais j’attends patiemment un piqué du faucon qui attrape une proie pour le voir de plus près.
Et vous ?
N’oubliez pas de transmettre toutes vos belles observations aux naturalistes qui en alimenteront leurs sujets de recherche. Les observatoires de VigieNature, Faune-àŽle-de-France ou CETTIA sont des espaces dédiés à cela !
En ce 1er mai, je ne résiste pas à l’envie de vous offrir un brin de muguet.
Bien que nous soyons sagement confinés dans nos maisons et appartements, le vivant continue bel et bien à animer nos espaces verts. Chaque jour, je me suis adonné à un rituel matinal : observer et tendre l’oreille depuis ma fenêtre.
Malgré la période de confinement et l’arrêt de nos activités sur le terrain et des animations, nous continuons de publier les nouvelles de la nature en ville trois fois par semaine. N’oubliez pas que nous sommes aussi sur Instagram et sur Facebook !
La tourterelle turque (Streptopelia decaocto), originaire d’Inde et du Sri Lanka, a colonisé l’Europe au cours du siècle dernier. Dans nos régions, c’est un oiseau très fréquent que l’on retrouve facilement dans les milieux anthropisés. On peut qualifier cette espèce « d’urbanophile », puisqu’elle utilise facilement les implantations humaines (comme les villes, les zones agricoles) à proximité pour pouvoir s’alimenter. L’oiseau est principalement granivore mais il peut diversifier son alimentation à l’arrivée du printemps, en consommant des fleurs et quelques insectes.
En àŽle-de-France, les premières observations de tourterelles sont faites en Seine-et-Marne à partir de 1962.
C’est une espèce grégaire : dès l’été, les individus se regroupent, formant parfois des bandes comptants plus d’un millier d’individus. On assiste ensuite à une désagrégation des groupes entre février et avril, une fois la période hivernale terminée.
La tourterelle turque présente une taille similaire à celle du pigeon mais est cependant plus fine. Elle est facilement identifiable grâce à son demi collier noir et son iris rouge.
Sources :
Les oiseaux d’àŽle-de-France, par Pierre Le Maréchal, David Laloi & Guilhem Lesaffre
Tous les oiseaux d’Europe, par Frédéric Jiguet et Aurélien Audevard
Le guide ornitho, par L.Svensson, K.Mullarney & D.Zetterstrà¶m
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Les géraniums sauvages (différents des géraniums horticoles qui sont pour la plupart des pelargoniums) font partie de la famille de Geraniaceae qu’ils partagent avec les Erodium. Les espèces de ces deux genres de plante ont la particularité d’avoir des fruits très allongés, en forme de bec. Geranium vient du grec « geranos » la grue (bec de grue) et Erodium du grec « erôdios » le héron (bec de héron). Ce bec est une capsule qui explose littéralement à la maturité des fruits et qui expulse les graines au loin pour donner naissance à d’autres pieds.
En àŽle-de-France il existe 10 espèces de géraniums indigènes. Elles sont relativement similaires : de jolies petites fleurs roses, des fruits en bec allongé, des feuilles plus ou moins découpées … Mais le secret pour les identifier, c’est de regarder les poils. En effet, l’aspect des poils des pétioles (les tiges qui tiennent les feuilles) est caractéristique de chaque espèce. Armé d’une loupe de botanique (x10) il devient tout à fait aisé de nommer les géraniums.
3 géraniums
Dans mon jardin, j’ai trois de ces dix géraniums. Voici leurs portraits.
Le géranium à feuilles rondes, a des feuilles … arrondies. Seulement, il n’est pas le seul, et il peut être parfois difficile de trancher entre le rond et l’ovale (comme les géraniums mou et fluet). En revanche, les poils de ses pétioles sont mixtes : des longs poils simples accompagnés de petits poils glanduleux.
Le géranium découpé a des feuilles … découpées, tout comme le géranium des colombes. Mais les poils de ses pétioles sont dirigés vers le bas de manière oblique (ceux du géranium des colombes sont plaqués contre le pétiole).
Le géranium herbe-à -Robert a des feuilles triangulaires très caractéristiques. On ne pourrait le confondre qu’avec le très rare géranium pourpre mais celui-ci a des fruits glabres, alors que le géranium herbe-à -Robert a des fruits velus. Il a de plus une odeur assez forte et reconnaissable.
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Entraînez-vous à reconnaître les plantes sauvages avec The Plant Game du réseau TelaBotanica !
La surface de ce rocher anti-stationnement de Saint-Ouen l’Aumône nous offre un tableau aux couleurs proches des grandes étendues herbacées. On dirait presque une prairie miniature.
Pourtant, nous sommes ici au début du processus que l’on appelle la succession végétale : l’évolution de la recolonisation d’une surface minérale nue à l’installation d’un réel couvert végétal (allant jusqu’à la forêt tempérée sous nos latitudes). La roche offre certains nutriments essentiels à la croissance des plantes, mais surtout, ses irrégularités retiennent l’eau, indispensable à la vie ! Dans ces petites niches se développent alors les premiers organismes : les lichens et les mousses, qui augmentent la capacité de rétention d’eau à la surface de la roche et permettent à leur tour le développement des plantes à fleurs (les angiospermes). Sur ce seul rocher il y avait au moins 3 espèces de lichens, 2 mousses et 5 plantes à fleurs. En voici quelques unes.
Xanthoriaparietina, la parmélie des murailles. Ce lichen donne les tons jaunes de notre tableau. Il est accompagné d’autres lichens crustacés, vert-gris, dont nous n’avons pas l’identité.
Cette jolie mousse (bryophyte) est le support de développement des plantes à fleurs. Toutes celles rencontrées ont poussé à l’intérieur d’une touffe. J’en ai repéré au moins deux sortes différentes sur ce rocher : je pense qu’il s’agissait d’une mousse du genre Syntrichia et d’une du genre Grimmia.
Vicia sativa, la vesce cultivée, fait partie de la famille des fabacées. Elle est capable de capter l’azote de l’air pour le fixer dans le substrat. Elle joue sans doute un rôle important dans le développement de la vie à la surface de ce rocher.
Myosotis arvensis, le myosotis des champs est déjà en fleur mi-février. Comme pour la vesce, c’est un peu tôt en saison. Peut-être est-ce dà» au manque d’eau ? C’est assez fréquent qu’en état de stress hydrique les plantes précipitent leur fleurissement. Sans doute pour augmenter leurs chances de reproduction si jamais elles ne passaient pas la saison. Ou peut-être que l’hiver n’a simplement pas été assez froid cette année.
Draba verna, la drave printanière est une toute petite plante à fleurs blanches typique des milieux pauvres et secs. à‡a n’est pas étonnant de la retrouver ici. Elle a même commencé à fructifier.
Saxifraga tridactyles, le saxifrage à trois doigts, est également une toute petite plante des milieux secs. On la reconnait aisément à ses feuilles qui forment réellement trois doigts.
Si l’on veut se prêter au jeu de l’observation naturaliste aucune surface n’est à négliger. Même le plus insignifiant des cailloux peut être le support d’une vie diversifiée.
Source :
La flore d’àŽle-de-France, de Philippe Jauzein et Olivier Nawrot
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Tela Botanica relance le MOOC Botanique – Initiation, une aventure de 6 semaines pour apprendre à reconnaître les plantes,#BotaChezMoi – La Botanique à la maison
La mésange charbonnière (Parus major) est un oiseau de la famille des Paridés. Elle est la plus grande espèce parmi les autres mésanges présentes en àŽle-de-France (mésange à longue queue, mésange noire, mésange bleue…). La bavette noire présente sur son ventre jaune nous permet de différencier le mâle de la femelle : le trait est large et continu chez les mâles tandis que les femelles en possèdent un plus fin et moins régulier. On parle de dimorphisme sexuel.
Nous la retrouvons dans toute la France et partout en Europe où elle est très commune. Elle fréquente tous types de boisements, des forêts de conifères à l’arbre feuillu isolé en ville. C’est également un oiseau cavernicole qui affectionne les cavités comme le creux des arbres.
Si vous avez chez vous des nids de chenilles processionnaires, sachez que la mésange est leur prédateur naturel : en période de nidification, elle peut consommer jusqu’à 500 chenilles par jour pour nourrir les oisillons. En dehors de cette période, la mésange est granivore et nous pouvons facilement l’observer sur les mangeoires. Son bec puissant lui permet de casser les graines de maà¯s et de tournesol dont elle raffole.
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En repérage du côté de la mare de l’Hautil, nous avons eu la bonne surprise de découvrir cette petite fleur au bord de la mare et dans les fossés côté Jouy-le-Moutier. La pulmonaire à longue feuille est rare en àŽle-de-France, selon la base de données CETTIA. Décidément, la mare de l’Hautil regorge de pépites botaniques. Des 12 espèces de Pulmonaria recensées dans l’INPN, Pulmonaria longifolia est la seule présente naturellement en àŽle-de-France.
De la famille des Boraginacées elle présente des caractéristiques communes à d’autres plantes de cette famille. Comme le myosotis, sa cyme est scorpioà¯de et s’enroule telle la queue d’un scorpion. Comme la vipérine ou la bourrache, ses fleurs passent du rose au bleu soutenu en quelques jours après la floraison.
Due à une modification du pH dans les cellules florales, cette variation de couleur pourrait être un avantage reproductif pour la fleur. En effet, la plante a besoin du concours des bourdons pour assurer sa pollinisation. Et, pour être efficace, elle a besoin que les bourdons visitent des fleurs de plusieurs individus différents (afin d’optimiser le brassage génétique).
Or, il apparaît que les fleurs roses de pulmonaire attirent plus les bourdons que les fleurs bleues. Attiré par la masse florale d’un individu de Pulmonaria le bourdon butinera préférentiellement les fleurs roses (jeunes, et donc ayant moins de chance d’avoir été déjà butinées) et passera rapidement au pied suivant, emportant avec lui le pollen à échanger avec les individus voisins. Les fleurs bleues, plus âgées de quelques jours ayant été, a priori, déjà butinées. Les fleurs d’une même cyme s’ouvrant de manière échelonnée dans le temps, le brassage est optimisé.
Les feuilles de la pulmonaire sont également assez impressionnantes. A la fois duveteuses et rugueuses, elles présentent des taches blanches ressemblant à des alvéoles pulmonaires qui auraient donné son nom à la fleur : herbe aux poumons ou pulmonaire.
Sources :
La flore d’àŽle-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot
Ce petit oiseau (il ne pèse pas plus d’une dizaine de grammes) voletait frénétiquement au-dessus de la mare des Larris. Jouant les acrobates sur des branches de saules immergées il chassait des insectes à l’aide de son bec fin.
Le pouillot véloce, Phylloscopus collybita, fait partie des premiers migrateurs à revenir d’Afrique, dès début mars. Si son plumage est assez peu remarquable et ne permet pas de le distinguer facilement des autres pouillots (7 espèces en àŽle-de-France) son chant est lui caractéristique.
« Tchip-tchap tchip-tchap » on l’appelle le compteur d’écus. Son chant sonne comme s’il égrainait des pièces dans une bourse.
S’il n’est pas farouche, il n’a pas volé son nom : véloce. A peine un regard et le voilà reparti à ses va-et-vient frénétiques. Il n’est pas facile à observer et encore moins à photographier. Mais il s’entend très facilement. Il est fréquent dans les villes, les parcs, les jardins…
Et il s’entend d’autant mieux en cette période ! D’après les derniers résultats de BruitParif, avec le confinement les bruits anthropiques et la pollution sonore ont fortement baissés en àŽle-de-France au profit des chants d’oiseaux. Eux qui dépensaient des trésors d’énergie à chanter plus fort et modifier leur fréquence de chant pour se faire entendre, ce répit est bien mérité !
Pas de doutes, il y a bien un pouillot dans le quartier. Je l’entends compter sa monnaie au milieu des chants de fauvettes, de mésanges et de rouges-queues. Chez vous aussi ?
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Vous avez la chance d’entendre ou voir des oiseaux par votre fenêtre ? Informez-en la LPO grâce au programme « Confinés mais aux aguets » !