L'actualité de la Nature

Dans mon compost : Psychoda surcoufi

Les mouches de la discorde

La pratique du compostage collectif entamée dans la bonne humeur vire soudain à  la soupe à  la grimace : « Beurk, il y a des mouches dans ton composteur ! »

Psychoda surcoufi © Gilles Carcassès

Heureusement qu’elles sont là , ces petites mouches, leurs larves participent activement au travail de transformation de la matière organique ! L’explication scientifique saura-t-elle vaincre les réticences et enrayer les défections ? Pas sà»r…

Les composteurs peuvent héberger de nombreuses espèces de diptères, notamment des drosophiles et des mouches de terreau. Cette espèce-ci, gracieuse comme un petit flocon, appartient à  une autre famille, celles des Psychodidae.

Ses ailes sont couvertes de longues écailles qui lui donnent un air de papillon. Psychoda surcoufi est l’une des rares espèces de sa famille à  être facile à  reconnaître : une bande sombre zigzague en travers de son aile pâle.

Une espèce coprophage et cosmopolite

L’espèce apprécie particulièrement les bouses de vaches, les lisiers, les latrines.  Elle a conquis le Monde en accompagnant depuis longtemps les hommes et leurs animaux dans les voyages au long cours.

On la croise souvent au jardin, posée sur les composteurs.

Observations au compost

Vous n’avez pas encore de compost chez vous et vous souhaitez pouvoir valoriser vos déchets organiques et observer la faune incroyable qui s’y développe ? Si vous habitez Cergy-Pontoise, sachez que la Communauté d’agglomération peut vous fournir des composteurs, que vous soyez en habitat pavillonnaire ou en collectif.

Retrouvez les autres habitants du composteur :

la blaniule mouchetée

le cloporte rugueux

la punaise élégante

les collemboles

L'actualité de la Nature

Mouche de la Saint-Marc

Bibio marci en vol © CACP – Emilie Périé

Depuis quelques jours je vois de drôles de mouches voler au-dessus du jardin en laissant traîner leurs pattes. Elles sont toutes noires, en grand nombre, parfois par deux, d’un vol pas très vif.

Difficile à  identifier au vol, mais heureusement, l’une d’entre elle se pose enfin.

Corps allongé d’un bon centimètre, noir et velu, ailes fumées, éperon aux pattes antérieures… Nous avons ici à  faire à  la mouche de la Saint-Marc ! On l’appelle ainsi, ou Bibio marci, car on la rencontre essentiellement autour de la Saint-Marc (le 25 avril). Mais avec la douceur de ce printemps, cela fait déjà  quelques jours que des dizaines d’adultes s’ébattent dans le jardin.

Bibio marci femelle © CACP – Emilie Périé

Dans la famille des Bibionidées, c’est la plus fréquente en àŽle-de-France (source CETTIA). Les adultes sont pollinisateurs, ce qui explique pourquoi je les vois tourner autour du pommier qui commence à  sortir ses fleurs.

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Toilette matinale pour ce Bibio marci mâle sur une tige de pommier.

Assez fréquemment chez les mouches, on peut différencier les mâles et femelles grâce à  la forme des yeux. Chez la mouche de la Saint-Marc c’est assez flagrant : la femelle a de tout petits yeux comparés à  ceux du mâles. Voyons plutôt sur ces deux individus en pleine reproduction sur la fenêtre de Léo.

Bibio marci, femelle à  gauche, mâle à  droite © CACP – Léo Micouin

Sources :

La mouche de la Saint-Marc, par Quel est cet animal ?

Informations confinement :

Malgré la période de confinement et l’arrêt de nos activités sur le terrain et des animations, nous continuons de publier les nouvelles de la nature en ville trois fois par semaine. N’oubliez pas que nous sommes aussi sur Instagram et sur Facebook !

Quels seront les effets du confinement sur la biodiversité ? L’Agence Régionale de Biodiversité propose un éclairage intéressant, illustré par le cas de la mouche de la Saint-Marc. Confinement et biodiversité

L'actualité de la Nature

Un labyrinthe dans l’épaisseur d’une feuille

Mines de Phytomyza lappae © CACP – Gilles Carcassès

Cet impressionnant labyrinthe est l’œuvre de larves mineuses d’un moucheron de la famille des Agromyzidae (diptères). Phytomyza lappae est inféodée aux bardanes. Les mines sont sinueuses au début puis elles longent des nervures.

Mine de Chromatomyia aprilina – Jouy-le-Moutier © CACP – Gilles Carcassès

Dans la même famille, voici Chromatomyia aprilina qui s’attaque aux chèvrefeuilles et aux symphorines. Sa forme est en étoile, la branche la plus longue contourne le bord de la feuille. On voit le trou de sortie du moucheron sur la feuille de gauche.

Retrouvez d’autres espèces mineuses de feuilles (lépidoptères) :

La mine digitée du robinier

La mineuse du platane

Ligne continue : pas doubler !

La mite à  trois bandes

L'actualité de la Nature

La galle de la graine de la carotte

Un ami photographe m’a fait découvrir le secteur du moulin de Busagny à  Osny, un très bel espace naturel dans la vallée de la Viosne. J’y ai observé, dans une clairière, des carottes sauvages aux ombelles un peu irrégulières, certaines graines étant plus grosses et plus vertes.

Galles de Kiefferia pericarpiicola – Osny © CACP – Gilles Carcassès

Une recherche documentaire m’a permis de comprendre que ces graines ont été déformées par la ponte du diptère Kiefferia pericarpiicola, qu’elles sont creuses et qu’elles hébergent la larve du moucheron. Cette cécidomyie s’attaque aux carottes, mais aussi au fenouil, aux angéliques, aux buplèvres, au persil, au panais, à  la berce commune et aux graines de nombreuses autres Apiaceae… Mais je n’ai jamais détecté sa présence que sur la carotte sauvage. La larve, nous dit-on, passe l’hiver dans un cocon. J’ouvre une galle pour voir cette larve qui est ordinairement d’une belle teinte orange.

Galle ouverte de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

Surprise, ce n’est pas une larve qui se trouve à  l’intérieur, mais une nymphe, peut-être bien celle d’un hyménoptère parasitoà¯de ! Normalement, la larve se présente ainsi :

Larve de Kiefferia pericarpiicola © CACP – Gilles Carcassès

Au passage, je saisis sur Cettia Ile-de-France mon observation : cette cécidomyie n’est pas rarissime, mais c’est une première observation pour l’Ile-de-France. Il faut dire que les chercheurs de galles de graines de carottes ne doivent pas être très nombreux…

Source :

Kiefferia pericarpiicola, par le site Bladmineerders.nl

Retrouvez les portraits d’autres galles :

La galle en bourse de l’orme

Carnet de galle

La galle des fleurs de tanaisie

L'actualité de la Nature

Le physocéphale à  bandes

Face de beurre !

Physocephala vittata, de la famille des Conopidae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Phycephala vittata est ainsi nommée en raison des étroites bandes dorées qui ornent son abdomen (vittata = enrubanné en latin). C’est une espèce peu commune, endoparasite de plusieurs espèces de bourdons, de l’abeille domestique, du frelon européen, de la guêpe germanique et du philanthe apivore.

Physocephala vittata – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Le cinquième segment abdominal porte un appendice permettant de s’accrocher en vol aux hyménoptères qu’elle parasite. L’œuf doté d’un crochet est solidement fixé sur le corps de l’hôte. La larve de Physocephala vittata se nourrit des organes internes de son hôte et se nymphose dans son corps au bout d’une quinzaine de jours.

Les adultes émergent à  la sortie de l’hiver et consomment le nectar des fleurs de scabieuses ou d’ombellifères.

La famille des Conopidae compte 60 espèces en France.

Source :

Les conopides de la Manche, par Manche Nature

Retrouvez d’autres diptères parasites :

Peleteria iavana, belle mouche épineuse

L’anthracine morio

Malacophages

Ectophasia, jolie mouche de Grouchy

L'actualité de la Nature

Un bien beau syrphe

Chrysotoxum festivum – Vauréal © CACP – Alexandra Marques

La berce commune, que l’on confond trop souvent avec la berce du Caucase, est une plante généreuse pour les insectes : son nectar abondant est accessible à  toutes les trompes ! Ici, c’est un syrphe  de grande taille qui se régale. Un très bon exercice de détermination nous attend à  l’aide de nos photographies, aussi il nous faut multiplier les angles de vue de cet insecte pour ne manquer aucun critère.

Chrysotoxum festivum – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

La clé des Chrysotoxum de Mark van Veen nous guide pour savoir laquelle des 13 espèces de Chrysotoxum recensées en France nous avons rencontrée. La couleur noire est dominante, cela oriente vers quatre espèces probables : Chrysotoxum festivum,  intermedium, vernale ou elegans.

Voici retracé notre cheminement dans cette clé de détermination :

  • L’antenne est allongée, le troisième segment étant plus court que les deux premiers réunis.
  • L’abdomen a plus de deux grosses bandes jaunes.
  • La marge de l’abdomen est noire, les taches jaunes n’atteignant pas le bord.
  • le premier et le deuxième segment de l’antenne sont d’égale longueur. L’aile est marquée d’une petite tache noire.
  • Les fémurs 1 et 2 sont complètement jaunes.

Et nous arrivons à  Chrysotoxum festivum, une espèce assez largement répandue et déjà  observée dans les Yvelines et le Val d’Oise.

Ici, c’est une femelle, reconnaissable à  ses yeux non jointifs.

La biologie des Chrysotoxum est assez mal connue. Leurs larves vivent dans le sol et semblent associées aux nids de fourmis. Ce sont probablement des prédateurs de pucerons qui vivent sur des racines, comme le font les larves de la petite coccinelle Platynaspis luteorubra (voir dans cet article).

Retrouvez les portraits d’autres syrphes :

Fausse guêpe !

Deux syrphes de février

Le syrphe ceinturé et le syrphe porte-plumes

Epistrophe eligans

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Promenade dans les aubergines

Platynaspis luteorubra, la coccinelle fulgurante – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Cherchant un peu de fraicheur par ces temps de canicule, je suis allé traquer les petites bêtes dans les serres tunnels de l’association ACR à  Vauréal. Sur les aubergines cultivées sans pesticides, j’ai observé quantité d’insectes très variés dont cette minuscule coccinelle poilue : Platynaspis luteorubra. La larve de cette espèce peu commune consomme des pucerons, elle est signalée pour sa capacité à  vivre sans être inquiétée dans les fourmilières de certaines espèces de fourmis qui élèvent des pucerons dans le sol.

Voici quelques autres observations faites dans ce rang d’aubergines :

Propylea quatuordecimpunctata, la coccinelle à  damier – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

La coccinelle à  damier est un auxiliaire très efficace pour réguler les colonies de pucerons au jardin.

Villa hottentotta, le bombyle hottentot – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Villa Hottentotta est un diptère parasite des noctuelles.

Isondotia mexicana – Vauréal © CACP – Alexandra Marques

Isodontia mexicana capture des sauterelles vertes pour nourrir ses larves.

Catoptria pinella, le crambus des pinèdes – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Catoptria pinella est un Crambidae forestier dont les chenilles consomment des graminées. Il s’était un peu égaré à  l’entrée de la serre.

Super les légumes bio, pour observer les insectes !

On y retournera, peut-être quand il fera moins chaud…

Sources :

Platynaspis luteorubra, par Enclycop’Aphid

Vies et mœurs de quelques diptères Bombyliidae, par cana-u.tv

Catoptria pinella, par Lepinet

Retrouvez nos articles :

Du sable dans la poche

Les coccinelles jaunes à  points noirs

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Le secret des beaux féviers

Gleditisia ‘Sunburst’ – gare routière de Cergy-préfecture © CACP – Gilles Carcassès

Les féviers sont de grands arbres d’origine américaine, ils sont appréciés pour leur robustesse en milieu urbain. La variété ‘Sunburst’ présente au début du printemps un feuillage jaune très lumineux qui vire au vert clair dans le courant de l’été.

Feuilles de févier déformées – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Peu de ravageurs s’en prennent à  cette espèce, mais une petite mouche spécifique (une cécidomyie) déforme parfois les jeunes feuilles à  l’extrémité des rameaux.

Galles de Dasineura gleditchiae – Vauréal © CACP – Gilles Carcassès

Chacune de ces folioles transformées en pochette creuse contient une petite larve. Ordinairement, ces galles, en nombre limité, ne nuisent pas à  la santé de l’arbre mais elles peuvent en gâcher l’esthétique. J’ai souvent remarqué que les arbres sévèrement élagués souffrent au printemps suivant d’attaques importantes de ce diptère. Amis des beaux arbres, rangez les tronçonneuses !

Retrouvez dans ces articles d’autres galles de cécidomyies :

Les galles de cécidomyies

Les fleurs de mes hémérocalles avortent !

La galle poilue du hêtre

La galle des fleurs de tanaisie

L'actualité de la Nature

Le petit monde des bryones

Bryonia dioica, la bryone © CACP – Gilles Carcassès

La bryone est une plante grimpante vivace dioà¯que. Elle s’invite souvent dans les haies. L’hiver, elle disparaît complètement mais repousse vigoureusement chaque printemps depuis son énorme racine charnue.

Cette plante héberge une petite faune spécifique très intéressante :

Couple de Goniglossum wiedemanni – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Sur les pieds femelles, on rencontre parfois un diptère Tephritidae du nom de Goniglossum wiedemanni. Cette petite mouche très bigarrée ne pond que dans les fruits de la bryone.

Fruits de la bryone – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Les pieds mâles sont très souvent visités par de petites abeilles solitaires. Andrena florea vient y collecter le pollen indispensable à  ses larves.

Andrena florea le matin au réveil – Jardin de la Maison du docteur Gachet à  Auvers-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Et les feuilles des pieds mâles et femelles sont broutées par Henosepilachna argus, une coccinelle poilue et végétarienne.

Couple de coccinelles de la bryone, Henosepilachna argus © CACP – Gilles Carcassès

Les larves de ces coléoptères, hérissées de piquants, sont encore plus voraces que les adultes.

Larve de la coccinelle de la bryone – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

Sources :

Bryone : une racine hors normes, par Zoom Nature

Bryone dioà¯que, la sorcière, par Sauvages du Poitou

Retrouvez nos articles sur ces insectes :

La mouche des fruits de la bryone

Du nectar de bryone sinon rien

Coléoptères, fins stratèges

L’inventeur du barbelé

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La mouche des picrides

Sur une feuille de picride – bois de Cergy © CACP – Gilles Carcassès
Tephritidae – Cergy © CACP – Gilles Carcassès

En repérage sur la butte à  Juju pour préparer une visite scolaire, je remarque ce couple de petites mouches sur une feuille de Picris hieracioides, la picride fausse épervière. Il s’agit de diptères Tephritidae, aux ailes joliment ornées. La femelle ira probablement pondre dans les boutons floraux de cette plante et ses larves consommeront les graines en formation.

Tephritis sp. © CACP – Gilles Carcassès

En comparant les photos de la galerie de Diptera.info, l’espèce Tephritis separata me paraît la plus ressemblante. Sur d’autres sources, il est indiquée qu’elle fréquente les picrides. Elle me paraît donc très probable. Je l’ajoute à  ma collection !

Retrouvez notre article :

Tephritidae, mes mouches préférées

D’autres portraits de Tephritidae :

La mouche des bardanes

La mouche des onopordons

La mouche des laiterons