Non classé

A pompons : l’onopordon

Onorpodum acanthium – Osny © CACP – Emilie Périé

Dans la famille des astéracées à  pompons roses et à  épine je pioche l’onopordon faux-acanthe !

Onopordum acanthium – Osny © CACP – Emilie Périé

Il fait partie de la grande famille des plantes que l’on appelle communément les chardons. Mais il n’est pas du genre Carduus (les chardons vrais), il appartient à  un genre à  part Onopordum, le chardon aux ânes.

L’onopordon faux-acanthe est reconnaissable à  sa grande taille (jusqu’à  3 mètres de haut pour les plus grands spécimens !), ses gros pompons violets, ses larges feuilles recouvertes d’un duvet aranéeux, ses longues épines et surtout, les ailes de ses tiges et rameaux.

Les ailes de la tige © CACP – Emilie Périé

La tige présente une extension comme 4 ailes vertes, qui ont la même fonction de photosynthèse que les feuilles et soutiennent de fortes épines. Ca n’est pas un cadeau pour les herbivores ! Mais les pollinisateurs, eux, apprécient fortement ses pompons bien à  l’abri dans un buisson d’épines.

Onopordum acanthium – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

Un air d’artichaut ? Ce sont des plantes de familles proches, elles partagent de nombreuses caractéristiques. D’ailleurs, l’onopordon a été cultivé et consommé comme l’artichaut. Mais plutôt en temps de disette, il ne doit pas être si fameux en cuisine.

Sources :

L’onopordon faux-acanthe, par FLORIF

L’onopordon faux-acanthe, par TelaBotanica

L’onopordon faux-acanthe, par ZoomNature

Dans la série des pompons :

Le cirse laineux

Non classé

L’épervier d’Europe

Epervier mâle – Cergy © Michèle Camprasse

Vous êtes plusieurs ces derniers temps à  m’avoir signalé un épervier à  Cergy. Certains en ont même fait de très jolis clichés. Un grand merci à  Michèle qui m’a partagé ces images d’un épervier mâle sur l’Axe Majeur.

Portrait d’un rapace commun

L’épervier d’Europe, Acipiter nisus, est, avec la buse variable, le rapace le plus fréquent en Europe. On le rencontre dans tous les milieux, jusqu’à  l’intérieur des villes. Il est plutôt sédentaire sur notre territoire. On peut donc l’observer en toute saison. Il se nourrit essentiellement de petits oiseaux.

Les caractéristiques physiques du mâle sont : un dos gris ardoise, des flancs et joues couleur rouille et un iris orange à  rouge. On ne peut pas le confondre avec un autre rapace. La femelle adulte a le même dos ardoise, mais ses flancs ne sont pas rouille et son iris est jaune.

Mâle et possible femelle d’épervier d’Europe © CACP – Gilles Carcassès

Sur la photo de droite, l’œil est bien jaune, comme celui de la femelle, mais le plumage du dos est brun avec des mouchetures blanches. Il s’agit donc probablement d’un immature, mâle ou femelle.  De plus, sur photo il est difficile d’apprécier la taille de l’oiseau, mais l’immature d’une autre espèce, beaucoup plus grande, lui ressemble fortement : l’autour des palombes.

Confusions à  éviter

La confusion la plus fréquente est donc entre femelle ou immature d’épervier d’Europe et femelle ou immature d’autour des palombes. Certains détails permettent tout de même de les différencier : la forme des stries sur le ventre, le sourcil blanc ou la silhouette en vol. Mais les éléments les plus évidents, sur le terrain, restent la taille et le comportement. L’autour mesure entre 20 et 30 centimètres de plus que l’épervier et s’attaque à  de plus grosses proies, comme les pigeons. Un autour m’a d’ailleurs été signalé cet hiver dans un jardin à  Cergy. Il venait d’attraper un pigeon.

Silhouette au vol © CACP – Emilie Périé (gauche) , François Lelièvre (droite)

En vol, on peut reconnaître les rapaces à  leur silhouette. L’épervier a la queue longue (proportionnellement à  la largeur de ses ailes) et rectangulaire, comme les faucons. En revanche la forme des ailes est différente. Là  où le faucon a des ailes droites et pointues, l’épervier est plus arrondi avec des plumes digitées apparentes.

Sources :

Guide Delachaux Ornitho

L’épervier d’Europe par Oiseaux.net

L’autour des palombes par Oiseaux.net

Non classé

La circée de Paris

Bravo à  Franck qui a reconnu tout de suite la circée de Paris, de la famille des Onagracées ! La voici, bien vivante cette fois, dans les bois autour de la ferme d’Ecancourt.

Circea lutetiana, la circée de Paris © CACP – Léo Micouin

L’élégance parisienne

Notre mystérieuse plante aime la fraicheur des milieux plutôt humides et les jeux de lumières des zones ombragées qui mettent en valeur sa floraison délicate. Très commune dans la Région on la retrouve dans presque tous les boisements humides, comme ici, dans le parc de Grouchy.

Circea lutetiana, circée de Paris © CACP – Emilie Périé

Elle présente un look tout en sobriété : plante d’une vingtaine de centimètres seulement, portant une inflorescence en grappe aérée, de petits fruits ornés de poils crochus et des fleurs sur un modèle 2. C’est en effet l’une des très rares plantes de nos contrées à  n’avoir que deux pétales ; deux petits cœurs blancs se faisant face autour des pièces fertiles de la fleur.

Fleurs de circée © CACP – Emilie Périé

Des histoires de sorcières

Pourtant, malgré son apparence inoffensive, son nom est évocateur. Si lutetiana fait référence à  Paris (Lutèce) et à  sa présence fréquente en France, Circea renvoie à  Circée la célèbre magicienne de la mythologie grecque. Parait-il que c’est cette plante que Circée utilisa dans la potion qui transforma Ulysse et ses compagnons en cochons (d’Inde, selon les versions) !

Circea lutetiana, la circée de Paris © CACP – Léo Micouin

D’autres affirment que Herbe aux sorcières, nom qu’on lui donne à  l’occasion, est un dérivé de « sourcière » qui lui correspond bien puisqu’on la trouve essentiellement en milieu humide.

Mais méfiance tout de même, elle n’est pas comestible. Elle est fortement tanique et cette histoire de métamorphose n’est pas totalement élucidée …

Sources :

La flore d’àŽle-de-France, par Philippe Jauzein et Olivier Nawrot

Le portrait de la circée par Sauvage du Poitou

Retrouvez d’autres portraits d’Onagracées dans nos articles :

La jussie à  grandes fleurs

La jussie rampante

Non classé

Le festin de l’araignée

En voilà  une en bien mauvaise posture !

Pentatoma rufipes, la punaise à  pattes rousses – Pontoise © CACP – Emilie Périé

Même en pièces détachées il est relativement aisé de reconnaître cette punaise. Avec ses pattes rouges (qu’elle a perdues en se débattant dans la toile) et la pointe jaune du scutellum on devine qu’il s’agit de Pentatoma rufipes, la punaise à  pattes rousses. Quand elle n’est pas prise dans une toile d’araignée, cette punaise se rencontre un peu partout dans les bois, vergers et jardins. Les larves consomment des feuilles de chênes ou d’autres feuillus. L’adulte mange des fruits, des chenilles voire des insectes morts.

Mais pour cette fois, c’est elle qui va être mangée. D’ailleurs, le prédateur est toujours sur place.

Pentatoma rufipes et Enoplognatha sp. – Pontoise © CACP – Emilie Périé

Notre araignée blanche, presque translucide est du genre Enoplognatha. Difficile d’en dire plus sur photo. On lui souhaite tout de même un bon repas.

Retrouvez d’autres histoires d’araignées dans ces articles :

L’araignée et la chenille

A chacune son menu

Non classé

Les coulisses du blog 2020

En cette fin d’année, à  l’heure des bilans, c’est l’occasion pour moi de vous donner des nouvelles de l’équipe.

Malgré sa retraite de la fonction publique, Gilles n’a pas cessé ses activités naturalistes et il a continué à  nous faire part de ses découvertes et nous accompagner sur le terrain.

Après un an dans l’équipe et fraichement diplômé Léo s’en est allé voguer vers de nouvelles aventures écologiques en pays basque.

Marie et Manon, nos deux stagiaires de printemps et d’été ont découvert la vie active en confinement mais ont pu participer à  nos différentes missions.

Quant à  moi, je reste seule aux commandes mais je continue à  écrire et photographier pour mettre en lumière toutes les beautés de notre territoire.

Mais voyons un peu comment chacun s’est impliqué cette année !

Sauve qui peut !

Gilles et les migrateurs d’hiver – Cergy © CACP – Emilie Périé

Exfiltration d’urgence lors de la prise d’assaut de notre observatoire à  l’heure de la sortie de l’école maternelle.

Sauvetage !

Léo et les œufs de grenouille © CACP – Emilie Périé

Remise à  l’eau des œufs d’une grenouille agile écrasée par une voiture.

SPIPOLLons !

Manon et Léo en plein SPIPOLL © CACP – Emilie Périé

Entre Missions Messicoles-pollinisateurs et l’étude Cimetières vivants, Manon, Léo et moi avons passé une grande partie de l’été avec le protocole SPIPOLL. Près de 60 collections publiées cette année !

Patounes et croquettes !

Manon et Léo pendant Mission Hérisson © CACP – Emilie Périé

Le protocole Mission Hérisson déployé pendant l’étude cimetière a été l’occasion donnée à  tous de mettre à  profit ses talents de bricoleurs : montage des tunnels, peinture à  l’encre, dosage des croquettes … Avec à  la clé : des « patounes » ! (Les empreintes laissées par les petits mammifères sur les feuilles blanches). On ne peut que vous encourager à  réaliser le protocole dès le printemps prochain, à  la sortie d’hibernation des hérissons.

Sortons !

Léo, expliquant le protocole LichenGo © CACP – Emilie Périé

Sous la pluie, la canicule, de nuit, de jour, masqués ou non, dans les jardins et les maisons ou dans les champs et forêts, nous avons mis à  profit tous les instants disponibles cette année pour observer la biodiversité de notre territoire et vous la faire partager.

On espère que tout cela vous aura plu et que vous continuez à  apprendre et vous émerveiller à  nos côtés. Car il y a encore beaucoup à  découvrir, alors on vous donne rendez-vous l’année prochaine !

Première sortie de mai © CACP – Emilie Périé
Non classé

Stenodema la punaise

Stenodema calcarata © CACP – Emilie Périé

En septembre dernier, une tache verte se promène dans les épis rouges des roseaux aux bords de l’Oise à  Maurecourt. Son allure très allongée m’intrigue. C’est Gilles qui m’en donnera le nom. Il nous en parle dans cet article.

Il s’agit d’une punaise du nom de Stenodema calcarata de la famille des Miridae. Calcar signifie « éperon » et fait référence aux épines présentes sur les fémurs de la bête. La couleur verte oriente vers la femelle de l’espèce (le mâle étant plutôt couleur paille).

Nous l’avons surement dérangée en plein repas, cette punaise se nourrit en piquant les graines pas encore mà»res de graminées essentiellement en zone humide, comme ce roseau (Phragmites australis).

Est-elle commune ? Difficile à  dire, elle n’est mentionnée que 20 fois dans toute l’àŽle-de-France dans la base de données CETTIA, mais c’est peut-être seulement parce qu’elle est discrète.

Retrouvez dans nos articles d’autres Miridae :

La miride du chêne

Heterotoma planicornis

Mermitelocerus schmidtii 

Non classé

Le Projet Alimentaire Territorial et la biodiversité

Imaginons notre alimentation de demain

Plaine maraîchère, Cergy © CACP – Gilles Carcassès

La mise en chantier du Projet Alimentaire Territorial (PAT) Cergy-Pontoise Vexin français est lancée. Fruit d’un partenariat engagé depuis plusieurs mois entre la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) et le Parc naturel régional du Vexin français, en lien avec deux associations, Quelle Terre Demain ? et le Centre d’Ecodéveloppement de Villarceaux, ce projet va s’appuyer sur un diagnostic agricole et alimentaire du territoire qui est en cours d’élaboration. Il présentera un état des lieux de la demande, de la production existante, des flux et des réseaux de transformation ainsi que de distribution.

Ce premier travail, partagé avec les acteurs locaux et le grand public, permettra d’aboutir, dans un second temps, à  un plan d’actions opérationnel et concerté à  l’été 2021.

Le PAT s’inscrit dans une démarche globale et transversale en faveur d’une meilleure prise en compte des problématiques agricoles et alimentaires à  l’échelle locale. Il vise le rapprochement de l’offre et de la demande alimentaire locale.

Les premières thématiques identifiées concernent la préservation de l’environnement (dont la protection des ressources et la lutte contre le gaspillage alimentaire), la justice sociale (via la restauration collective), l’éducation alimentaire et l’aménagement du territoire.

Une cinquantaine de partenaires techniques se sont retrouvés la semaine dernière pour découvrir et enrichir le diagnostic du PAT, qui sera présenté au plus grand nombre fin janvier. A suivre..