Le jardin Albert-Kahn à Boulogne est composé de plusieurs espaces : un jardin anglais, un jardin français, une forêt vosgienne, un jardin japonais…
Les jardiniers de cette magnifique propriété du conseil général des Hauts-de-Seine sont de grands maîtres dans l’art de la conduite des niwakis, ces arbres taillés qui composent les paysages typiques des jardins japonais.
Près du bassin du jardin japonais, on remarque un groupe d’arbres, sans doute des érables japonais, dont la taille élégante donne l’illusion d’un âge avancé.
Au premier plan ce Poncirus trifoliata est soumis depuis des années à une taille d’éclaircie et d’orientation qui accentue son port tortueux ; il se détache sur un oranger du Mexique formé en boule. Derrière, comme un petit sapin de Noà«l, se dresse au soleil un Wollemia nobilis, espèce rarissime découverte en 1994 au fond d’une gorge en Australie.
Une partie du bassin est protégée de la gourmandise de ces poissons par une fascine sinueuse qui permet à la faune et la flore aquatique de se développer.
Dans le parc du château de Menucourt, un chêne monumental est mort debout. Ses grosses branches noueuses sont tombées autour de lui et forment un bel enchevêtrement de bois mort. Je soulève doucement une écorce moussue à la poursuite d’un insecte. Et je découvre ce trésor : un délicat filet d’or aux mailles arrondies. Leurs courbures rappellent les bretzels, ces petits gâteaux salés allemands.
Mon honorable correspondante du Club Mycologique Conflanais m’apprendra qu’il s’agit d’Hemitrichia serpula, un myxomycète. Drôles de choses que les myxomycètes. Ils n’ont rien à voir avec les champignons, même si eux aussi produisent des spores. Avant cette phase fixée qui commence à sporuler, cet Hemitrichia a été un plasmode, masse visqueuse capable de ramper et de phagocyter des bactéries et des moisissures.
Même avec du sable sur la tête, triton palmé, on t’a reconnu. La petite larve noire est celle d’une salamandre, identifiable à la tache claire en haut de la cuisse. On la distingue mieux sur la photo suivante :
Tritons et salamandres ont une vie terrestre et une vie aquatique : les adultes se rejoignent à la mare pour se reproduire, et les larves y resteront jusqu’à leur métamorphose.
Une fidèle lectrice de nos articles m’a envoyé cette photo qu’elle a prise dans son jardin à Perdreauville (Yvelines). Saluons cette rencontre étonnante avec un magnifique hibou moyen-duc et le talent de la photographe !
Le mois d’avril est propice pour aller à la découverte des rapaces nocturnes, car c’est la saison des amours : les couples chantent et se répondent.
Pour apprendre à identifier leurs cris et chants et en savoir plus sur les mœurs de ces animaux, vous pouvez vous inscrire aux soirées « nuit de la chouette » organisées sur notre territoire :
Accédez à la carte de la transhumance de Cergy-Pontoise des 11 et 12 avril 2015 et cliquez sur les étapes pour avoir les horaires et le programme des animations.
Trouvée sous des feuilles mortes dans les bois de Boisemont, cette petite boule brillante m’intrigue. Rien ne dépasse ! Je devine un animal qui aurait rangé ses pattes et fourré sa tête sous son abdomen. Mais quel est-il ?
Après quelques recherches, j’arrive à la conclusion qu’il s’agit d’un Glomeris marginata, un diplopode (qui possède deux paires de pattes par article), à ne pas confondre avec un cloporte qui est un crustacé terrestre et compte (seulement) 7 paires de pattes. Ce Glomeris est commun dans une bonne partie de l’Europe de l’Ouest, des Pyrénées à l’Irlande et jusqu’au sud de la Suède. Il habite les litières forestières et consomme des matières organiques décomposées.
Certaines espèces de cloportes savent se rouler en boule. Ce n’est pas le cas de celle-ci. Son aspect marbré m’incite à penser que c’est une femelle. En cliquant sur la photo, on peut voir que ses yeux sont composés de plusieurs ommatidies.
Natureparif organisait les 23 et 24 mars 2015 une formation sur la pédologie (science des sols) et les vers de terre. Ce stage avait rassemblé des participants d’horizons très divers : jardiniers, chercheurs, enseignants, gestionnaires de parcs, naturalistes, formateurs, présidents d’associations, étudiants, animateurs… Un beau brassage et des échanges très riches en conséquence !
Les cours théoriques furent complétés par une séance de travaux pratiques dans le jardin pédagogique du parc de la Villette à Paris.
Le protocole moutarde nécessite de la méthode et un esprit rigoureux pour respecter la recette, et chronométrer les temps de capture des vers qui sortent du sol. Le principe en est simple : la moutarde est un irritant qui incite les vers à quitter leurs terriers et fuir sur le sol.
Tous les vers récoltés (il faut des réflexes !) sont placés dans un récipient avec de l’eau. Ceux-ci sont ensuite comptés et triés en deux classes d’âge, les adultes (possédant un clitellum ou anneau) et les juvéniles, et quatre groupes écologiques (les épigés, les endogés, les anéciques à tête rouge, les anéciques à tête noire) à l’aide de la clé de détermination des vers de terre.
Le protocole bêche est moins cruel. Il nécessite quelques muscles, et tout autant des chaussures adaptées.
Avant de rejoindre l’alcool du pilulier pour identification ultérieure sous binoculaire, il faut prendre une photo pour noter la couleur. La pièce de monnaie n’est pas pour le photographe, elle sert à donner l’échelle.
Qui a planté ces brindilles dans le sol ? C’est le ver de terre ! Les vers du groupe des anéciques, parmi lesquels on trouve le lombric commun, construisent des cabanes constituées de débris de végétaux et de turricules (leurs excréments). En sortant la tête hors du sol, ils s’allongent et saisissent autour d’eux des fragments végétaux (ici des feuilles mortes et des brindilles). Ils entrainent dans les profondeurs de leur terrier ces éléments qui se décomposent rapidement. Les vers consomment alors cette matière organique. Regardez attentivement sous les arbres : il n’est pas rare de trouver un cabane de lombric tous les 20 centimètres.
Une étude génétique a montré que les perruches que l’on observe en Ile-de-France sont d’origine asiatique et qu’il existe deux populations séparées. Celle du nord est centrée sur l’aéroport de Roissy, celle du sud autour d’Orly. Car c’est bien par avion qu’elles sont venues nous envahir, ces populations étant les descendantes d’échappées des hangars des douanes, d’abord à Orly en 1974, puis sur Roissy au début des années 1990. Au fil des années, les populations se sont renforcées avant d’entrer dans la phase d’extension géographique que nous connaissons depuis quelques années.
Elles n’étaient pas citées sur Cergy, maintenant c’est fait. L’espèce est peut-être même nicheuse au bois de Cergy (près de la butte à Juju) où nous avons pu observer des parades amoureuses et l’entrée d’un oiseau dans la cavité d’un gros arbre à 8 mètres de hauteur, site tout à fait favorable pour sa nidification. Quelques observations récentes ont été faites aussi à Pontoise et à Saint-Ouen l’Aumône dans le secteur de l’abbaye de Maubuisson.
Dans leurs pays d’origine (les zones tropicales d’Asie et d’Afrique), elles mangent des jujubes, des goyaves, des dattes, des figues, du millet…
Chez nous, elles se sont adaptées et consomment des pommes, des cerises, les samares des érables, les graines de robiniers, de platanes et de catalpas, les arilles des ifs, éventuellement quelques fruits exotiques glanés dans les jardins botaniques.
Mais quand disparaissent les fruits, si elles passent l’hiver sans encombre, c’est essentiellement en raison du nourrissage dans les jardins : elles se gavent de grandes quantités de boules de graisse, de cacahuètes et de graines de tournesol.
Leur présence est-elle néfaste ?
Pour la production agricole, lorsqu’elles pullulent, c’est une menace pour les vignes et les vergers, éventuellement pour les champs de céréales et de tournesols. En ce qui concerne la biodiversité, il est suspecté qu’elles exercent une forte concurrence sur les populations de sitelles pour les sites de nidification. Nos sitelles en effet exploitent comme la perruche les cavités dans les grands arbres et notamment les anciens nids des pics.
Alors qu’en penser ?
La perruche à collier, espèce invasive, ne peut plus être stoppée dans son extension. Qu’on le veuille ou non, elle fait désormais partie de notre avifaune. Mais ne serait-il pas sage de pratiquer un nourrissage hivernal modéré et ciblé, en évitant de distribuer de trop grosses quantités de graines, pour ne pas favoriser la croissance démographique galopante de cet oiseau ? Sachez qu’il existe des mangeoires sélectives étudiées pour éviter les attaques des gros pillards, les plus simples consistant en une cage grillagée dont les mailles ne permettent l’accès qu’aux petits oiseaux. Ces dispositifs sont souvent installés en Angleterre en raison de la gloutonnerie des écureuils gris, autre espèce invasive.
Clergeau P., Vergnes A., Delanoue R. (2009) La perruche à collier / Psittacula krameri / introduite en île-de-France : distribution et régime alimentaire. / Alauda / (Revue internationale d’Ornithologie) 77(2):121-132.
Phyt’Ornement FREDON Ile-de-France n°8-2014 du 8 mai 2014
La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) a adopté une charte du jardinage collectif. Ce document rassemble les valeurs qu’elle reconnaît au jardinage collectif lorsqu’il est pratiqué dans le respect de l’environnement, la concertation et l’ouverture sociale.
Ce texte a été préparé avec la collaboration du Conseil Consultatif du Développement durable de l’Agglomération de Cergy-Pontoise.
La CACP propose aux communes, aux autres propriétaires de jardins collectifs et aux structures locales de jardinage collectif d’adopter à leur tour cette charte, afin d’affirmer le partage de ces valeurs.
Cette charte pourra utilement être annexée aux conventions de mise à disposition de terrains pour un usage de jardinage collectif.
Comment faire pour rejoindre les signataires de la charte, dont la liste sera tenue à jour dans cet article ?
pour une collectivité : adressez-nous la copie de la délibération d’adoption de la charte sur biodiversite@cergypontoise.fr
pour un autre propriétaire de terrain à usage de jardin collectif, une association ou un collectif de jardins familiaux ou partagés : imprimez la charte, signez-là et adressez-nous en une copie sur biodiversite@cergypontoise.fr
Les signataires de la charte :
La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise
La ville de Maurecourt
La Fédération Nationale des Jardins Familiaux et Collectifs
L’Association des Jardins Familiaux des Coteaux de Cergy
Le club jardinage du collège des Touleuses
L’Association les Joyeux Jardiniers de Jouy
La ville de Vauréal
La ville de Cergy
L’Association des Jardins du bord de l’Oise à Vauréal