Cette toute petite coccinelle, je ne l’ai vue qu’une fois, et comme elle est brillamment colorée et facile à repérer, j’en déduis qu’elle n’est pas archi commune. Je sais peu de choses d’elle : que mon individu est un mâle, car la femelle a une barre noire en long sur la face. Je l’ai trouvée sur une fleur de carotte sauvage au bord d’une petit route de campagne. On rencontrerait cette espèce surtout dans les zones sèches et herbeuses. Il paraît que ses larves consomment des pucerons, comme de nombreuses autres espèces de coccinelles.
Dans le cadre de la Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes, le Centre National de la Recherche Scientifique, le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Agence Française pour la Biodiversité ont créé un site participatif dédié à la connaissance des espèces exotiques envahissantes. Vous y trouverez un formulaire de saisie en ligne pour vos observations, et des informations pédagogiques sur ce vaste sujet. J’ai testé, c’est facile et très bien fait.
Voici quelques-uns de nos articles sur des espèces invasives.
Une étude hollandaise à grande échelle sur la diversité et l’abondance des papillons de jour depuis 1990 permet de dessiner des tendances et d’émettre des hypothèses quant aux causes des changements constatés.
Tout d’abord, si de nombreuses espèces sont en net déclin, toutes ne le sont pas. Ainsi, le Tyrcis tire son épingle du jeu et ses effectifs progressent nettement. Une autre étude montre que l’espèce serait capable de s’adapter à la raréfaction des haies qu’il affectionne et à la fragmentation de son habitat, en améliorant ses performances de vol.
La raréfaction de la plante-hôte de la chenille est très certainement une explication pour le déclin de certaines espèces autrefois communes. C’est le cas du Citron, papillon inféodé à deux arbustes indigènes qui poussent dans les haies, la bourdaine et le nerprun.
Pour la chute des effectifs de la Petite tortue, il s’agit d’autre chose, car les orties qui nourrissent ses chenilles prolifèrent au bord des champs et dans les friches, en raison des fertilisations azotés, de l’épandage des lisiers, des dépôts de déchets verts, de la non-exportation des coupes… C’est plutôt dans la qualité et l’abondance des nectars, source de nourriture des papillons, que se trouve l’explication. Là encore, les pratiques agricoles sont pointées du doigt : fertilisation des prairies, désherbage et labour des bords de champs amenuisent la diversité florale et font se raréfier les fleurs des meilleures espèces nectarifères.
Ce pied de tanaisie recouvert d’oà¯dium était le terrain de jeux de petits coléoptères gris. J’ai pu faire cette photo. En voulant m’approcher, ils se sont tous laisser tomber. Avec cet abdomen rouge qui dépasse largement des élytres, je ne vois qu’une espèce qui leur ressemble : Bruchidius siliquastri, la bruche de l’arbre de Judée. Cet insecte n’a été décrit qu’en 2007, mais il paraît largement répandu. La nourriture de sa larve est la graine de l’arbre de Judée.
Sur cette gousse d’arbre de Judée, on distingue deux trous bien ronds. Ils trahissent la sortie de deux bruches qui se sont développées chacune dans une graine. J’ai vu celle-ci à Marly-le-Roi, et on m’a signalé la présence de cet insecte au parc de l’Amitié à Rueil-Malmaison. J’ai inspecté les gousses de l’arbre de Judée qui décore mon jardin. Pas une n’est trouée… Encore un coup de mes poules, sans doute !
D’origine méditerranéenne, l’arbre de Judée est souvent utilisé dans les jardins pour sa spectaculaire floraison printanière qui apparaît avant les feuilles.
C’est l’oeuvre d’un diptère Cecidomyiidae du nom de Hartigiola annulipes. Les adultes, sortes de moucherons, émergent en mai et pondent à la face inférieure des feuilles près de la nervure principale. C’est la petite larve qui va induire par ses morsures la croissance progressive de la galle. Rapidement, elle s’installe à l’intérieur de la cavité et en consomme les parois. L’automne venu, la galle se détache de la feuille et tombe au sol. La larve hiverne à l’intérieur de la galle dans la litière et la nymphose se produit au printemps.
Sur cette feuille, on voit une galle et les cicatrices laissée par deux autres galles qui sont déjà tombées à terre.
J’ai récolté quelques feuilles présentant des galles pour tenter un élevage. Rendez-vous au printemps prochain pour le portrait du moucheron (ou peut-être d’un parasitoà¯de ?)…
Immanquable, cette chrysomèle sur sa fleur de zinnia ! Les élytres brillants et fortement ponctués sont noirs avec des reflets cuivrés. La tête, les palpes, les antennes, les pattes et le dessous du corps sont d’un beau rouge Bordeaux.
Pas de doute, c’est la chrysomèle de Banks. On rencontre Chrysolina bankii sur les menthes et d’autres Lamiaceae comme le marrube. J’ai photographiée cette espèce méridionale en Aveyron. Elle est également présente dans tout l’ouest de la France, et aurait même été vue dans le Val d’Oise, selon l’INPN. Ouvrons l’œil !
Son nom viendrait de cette ressemblance. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il n’embroche pas ses proies, il les engloutit, au terme de l’accélération puissante mais brève que lui permet son corps musclé et profilé. Le brochet chasse en embuscade parmi les branches immergées et la végétation aquatique. Il fonce sur tout ce qui passe à sa portée : poissons de toutes sortes, écrevisses, et même canetons !
Les femelles, qui peuvent atteindre un mètre et peser jusqu’à 30 kilos, pondent des milliers d’œufs au printemps dans les herbes aquatiques à faible profondeur. Quelques-uns de ces œufs seulement donneront des brochetons d’avenir. Le jeune brochet, s’il ne s’est pas fait manger avant, peut atteindre 30 cm au terme de sa première année. Ses flancs sont marqués de barres claires qui s’estomperont avec l’âge.
Chair empoisonnée…
Comme tous les superprédateurs, sa chair accumule fortement les polluants tels que le plomb, le mercure, le PCB, les pesticides, les dioxines… Ainsi, dans les fleuves et rivières trop pollués sa consommation est interdite. Les sages pêcheurs sont bien avisés de relâcher les brochets près capture !
Dans la prairie humide de la ferme d’Ecancourt, les cicadelles vertes sautent et s’envolent à notre approche. Certaines sont d’un beau bleu comme celle ci-dessus, ce sont les mâles. Les femelles sont d’un vert amande. Cette espèce est assez commune dans toutes les régions de France, elle se nourrit de la sève des plantes, et pond ses œufs dans les jeunes rameaux des arbustes.
Cicadelle inconnue ?
En vacances cet été dans le Lot, j’ai cherché les cicadelles au bord d’un ruisseau. En voilà une joliment colorée ! Zone humide + coloration bleu-vert = Cicadella viridis, me dis-je… Mais celle-ci est bizarre, il lui manque les taches noires caractéristiques sur les yeux et le dessus de la tête. Elle est plus trapue, et plein de petits détails anatomiques ne collent pas. A l’évidence c’est une autre espèce, mais laquelle ? Il m’a fallu l’aide de spécialistes pour comprendre : cette cicadelle n’existe pas !
Ce serait Jikradia olitoria, une espèce commune au Canada et aux Etats-Unis, connue pour être vecteur d’une maladie virale du fraisier. Elle a déjà été vue en Italie, en 2014 et une autre fois en Dordogne, en 2016. L’espèce n’est pas encore répertoriée dans la base de données nationale de l’INPN. Ses origines sans doute ne lui font pas craindre le froid ; aussi est-elle peut-être déjà en Ile-de-France, cachée dans les troupeaux de cicadelles vertes ? Chasseurs de cicadelles, à vos filets fauchoirs !
Argema mittrei, le papillon comète des forêts de Madagascar est le plus grand lépidoptère nocturne producteur de soie. L’adulte est incapable de se nourrir et ne vit que quelques jours, le temps de se reproduire.
Le dytique bordé m’observait du fond de son aquarium. Cette espèce indigène de nos mares est présente dans le Val d’Oise. C’est un prédateur qui consomme des têtards, des alevins, des larves de tritons… L’extrémité des pattes antérieures des mâles est élargie et dotée de ventouses pour pouvoir s’agripper aux femelles.
Bien d’autres merveilles vous attendent à la maison des insectes : blattes souffleuses de Madagascar, phasmes géants, cétoines d’Afrique, scorpions, mygales… Et bien sà»r les animateurs de la Maison des insectes sont là pour répondre à toutes vos questions !
J’ai trouvé au bord de la mare des Grands jardins à Courdimanche cette jolie plante qui rappelle les papyrus que les jardiniers utilisent pour le décor des massifs fleuris.
Les deux espèces couramment utilisées en fleurissement sont le très grand Cyperus papyrus, originaire du delta du Nil et Cyperus alternifolius, de taille plus modeste, originaire de Madagascar. Aux Grands jardins, il s’agit de Cyperus eragrostis, qui nous vient d’Amérique du Sud et est vendu en pépinière. A la différence des deux autres, cette espèce est rustique. Elle est classée invasive de niveau 0 (non encore évaluée) par le Conservatoire botanique national du Bassin parisien. Bien installée dans le Sud-Ouest, elle progresse vers le nord et est très rare en Ile-de-France. Dans cette mare, sa présence est sans doute la conséquence d’une initiative malheureuse. Elle est accompagnée en effet d’une autre plante invasive beaucoup plus dangereuse pour le milieu, le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) que l’on voit en arrière-plan.
Ce myriophylle, qui se différencie des espèces de myriophylles indigènes par ses feuilles largement émergées, est une plante invasive de niveau 2 (sur une échelle de 5). Elle est encore très peu observée en Ile-de-France mais pourrait devenir problématique en raison de sa forte capacité de dispersion par boutures naturelles.