L'actualité de la Nature

Les pollinisateurs nocturnes

Cirsium oleraceum en fleurs visité par un bourdon – Saint-Ouen l’Aumône © CACP – Gilles Carcassès

L’éclairage, néfaste pour les pollinisateurs nocturnes

Une équipe d’écologues s’est récemment intéressée à  l’effet de l’éclairage nocturne sur la pollinisation des plantes. Leur étude a montré une chute de 13% de la production de graines chez des cirses maraîchers (Cirsium oleraceum) éclairés la nuit par des candélabres, alors qu’ils sont aussi visités par des insectes pollinisateurs diurnes (comme le bourdon dans la photo ci-dessus). Ils en tirent la conclusion que l’éclairage a un effet négatif sur l’activité des insectes pollinisateurs nocturnes, et sur la biodiversité en général. On le savait déjà  pour certaines espèces de chauves-souris.

Qui sont les pollinisateurs nocturnes ?

Les pollinisateurs nocturnes sont des papillons de nuit, des punaises, certaines mouches…

Ce Coremacera (diptère Sciomyzidae) serait un pollinisateur strictement nocturne. © CACP – Gilles Carcassès
Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon, la nuit, sur une fleur de clématite sauvage © CACP – Gilles Carcassès

Ce sont surtout des fleurs blanches qui sont pollinisées la nuit. L’émission de leur parfum en début de nuit renforce leur attractivité, c’est aussi le moment où leur pollen est le plus accessible. Ainsi les Platanthera, belles orchidées blanches de nos sous-bois, sont visitées par le sphinx de l’épilobe et sans doute d’autres papillons de nuit.

Platanthera chlorantha – Neuville-sur-Oise © CACP – Gilles Carcassès

Comment concilier éclairage et biodiversité ?

La pollution lumineuse augmente chaque année sur Terre. Heureusement, les aménageurs et les gestionnaires peuvent s’appuyer sur les conseils « éclairés » de l’Association Française de l’Eclairage pour tenir compte de la biodiversité (voir les fiches 15 et 16).

Autres sources :

Pollution lumineuse : comment la nuit disparaît peu à  peu – Les Echos.fr

Pollinisation de Platanthera chlorantha – un article de la SFO de Poitou-Charente et Vendée

L'actualité de la Nature

Le Jour de la nuit

Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon © Gilles Carcassès
Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon © Gilles Carcassès

L’ile de loisirs de Cergy-Pontoise propose une découverte des papillons de nuit le jeudi 15 octobre 2015 : renseignements et inscriptions

logo le jour de la nuitCette animation s’inscrit dans l’initiative nationale « le Jour de la nuit », opération de sensibilisation à  la biodiversité nocturne et à  la lutte contre la pollution lumineuse qui reçoit le soutien du ministère de l’Ecologie et réunit 23 partenaires.

 

La nature et le lampadaire

La chasse nocturne aux papillons : facile !

Le lampadaire n’est pas l’ami des bêtes (France inter)

L'actualité de la Nature

Le petit monde des orties

L’Homme et l’ortie sont inséparables. Partout où il a enrichi les sols, l’ortie veut s’installer. Alors, en ville, elle ne manque pas, dans les jardins sauvages, les friches, ou sur les anciens dépôts sauvages en lisière du petit bois…

Quand je vois une belle touffe d’orties, moi, je ralentis toujours. Tant de bestioles la fréquentent qu’à  la chasse au trésor, sur cette plante, on n’est jamais bredouille.

Vanessa atalanta, le vulcain © Gilles Carcassès
Vanessa atalanta, le vulcain © Gilles Carcassès

Les chenilles de nombreux papillons de jour sont de grandes consommatrices de l’ortie. Le vulcain, papillon migrateur, en fait partie. Je pourrais citer aussi le paon de jour, le Robert-le-diable, la petite tortue, la carte géographique, la belle-dame…

Anania hortulata, la pyrale de l'ortie - Pontoise © Gilles Carcassès
Anania hortulata, la pyrale de l’ortie (un lépidoptère) – Pontoise © Gilles Carcassès

Les papillons de nuit ne sont pas en reste. La pyrale de l’ortie se réveille si l’on remue un peu la touffe d’orties et va se cacher au revers d’une feuille un peu plus loin.

Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon © Gilles Carcassès
Pleuroptya ruralis, la pyrale du houblon © Gilles Carcassès

Les chenilles de Pleurotya ruralis, la pyrale du houblon, roulent en cigares les feuilles d’orties pour se nymphoser.

Trypetoptera punctulata - Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès
Trypetoptera punctulata – Neuville-sur-Oise © Gilles Carcassès

Drôle de mouche ! Trypetoptera punctulata est spécialisée dans la chasse aux escargots, si fréquents dans les orties. Elle pond dans les lieux fréquentés par les escargots que ses larves consommeront.

Agapanthia © Gilles Carcassès
Agapanthia (un coléoptère) © Gilles Carcassès

Ce beau longicorne est une agapanthie. La larve de cette espèce creuse une galerie à  l’intérieur des tiges d’orties et y passe l’hiver.

Un autre coléoptère remarquable est souvent trouvé sur les orties : Phyllobius pomaceus.

Une dizaine d’espèces d’insectes sont strictement inféodés à  l’ortie dioà¯que, et pour une centaine d’autres, c’est une plante-hôte très appréciée.

L’entomofaune des orties