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La vie la nuit

Vol de pigeons domestiques dans le coucher de soleil – Cergy © CACP – Emilie Périé

La tombée de la nuit apporte avec elle son lot de conseils et d’accalmie, mais elle n’est pas pour autant synonyme d’inactivité.

La plupart des proies préfèrent les faveurs de l’obscurité, qui les rend presque invisibles, pour se déplacer, se nourrir ou se reproduire. C’est le cas des amphibiens et de nombreux petits mammifères comme les hérissons, les campagnols ou les musaraignes. Certains prédateurs quant à  eux, ont développé des techniques de repérage nocturne sophistiquées ; on pensera notamment aux chauves-souris, aux chouettes ou aux hiboux ; qui les rendent particulièrement sensibles à  la lumière.

Chez les insectes et chez les plantes aussi l’activité crépusculaire est animée. Une grande part de la pollinisation des plantes à  fleurs a lieu la nuit et on estime que 95% des espèces de papillons connues sont des papillons de nuit.

Quant aux autres espèces, ayant calé leurs rythmes journaliers sur la course du soleil, la nuit, ils dorment.

Le pont rouge de nuit – Cergy © CACP – Emilie Périé

Enfin du moins, ils devraient, si la nuit étant encore présente. N’avez-vous jamais entendu un merle noir chanter jusqu’à  des heures avancées de la soirée prenant le signal d’une ampoule pour celui de l’astre solaire ou remarqué que l’arbre le plus proche du lampadaire perd ses feuilles plus tard que ses compagnons dans une même rue ?

Pour le bien des activités humaines nocturnes l’éclairage urbain a été mis en place. Devant apporter confort et sentiment de sécurité, il est également et malheureusement source de nuisances et de pollutions pour l’ensemble du vivant.

Afin d’étudier les solutions face à  ce problème écologique et de santé publique (le sommeil humain étant aussi impacté par la lumière que celui des merles noirs), l’Institut Paris Région lance une enquête sur la perception et l’usage de la lumière par les franciliens. Les résultats de cette étude nous seront grandement utiles pour travailler sur notre territoire à  la mise en place de la Trame Noire, c’est-à -dire des zones préservées où la nuit pourra à  nouveau régner. Nous vous encourageons vivement à  y répondre !

Pleine lune dans le ginko © CACP – Emilie Périé

« L’avantage avec la pollution lumineuse, c’est qu’elle disparait à  la vitesse de la lumière ; à  condition qu’on appuie sur l’interrupteur ». Romain Sordello, Muséum national d’Histoire naturelle.

Pour aller plus loin :

Eteindre nos lumières pour sauver la planète, à  Cergy-Pontoise

Le lien vers l’enquête de l’Institut Paris Région

Le programme les Nuits de Noé

Comprendre la Trame Noire, sur le site de l’Office Français pour la Biodiversité

La réglementation en matière d’éclairage urbain, expliquée par le Ministère de la Transition écologique

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

Toute la lumière

Traces de lapins roses dans la nuit © Gilles Carcassès
Traces de lapins roses dans la nuit © Gilles Carcassès

Toute la lumière sera faite sur l’éclairage nocturne et ses conséquences sur la biodiversité grâce à  ce dossier très complet édité par la Mission Economie de la Biodiversité de la Caisse des Dépôts. Il rappelle qu’environ 30% des vertébrés et plus de 60% des invertébrés sont de mœurs nocturnes et qu’entre 1992 et 2012, le nombre de points lumineux en éclairage public a augmenté en France de 89%. Or, la faune peut être très impactée par cet éclairage.

Le dossier présente en détail les impacts des différents types de lumière pour les différentes classes de la faune sauvage. Voici deux tableaux de synthèse :

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Le dossier comprend un chapitre de recommandations :

  • ne pas éclairer quand ce n’est pas utile.
  • préserver l’obscurité naturelle des espaces protégés.
  • éviter d’équiper d’un éclairage d’ambiance les sites sensibles pour la biodiversité, notamment les arches de ponts et les berges de cours d’eau ou de plan d’eau.
  • limiter au maximum, par le choix de l’équipement, les déperditions hors de la surface utile à  éclairer. Bien sà»r, ne jamais éclairer le ciel, ni la surface de l’eau.
  • optimiser l’espacement entre luminaires, et le temps d’éclairage en fonction de l’usage et de la biodiversité .
  • choisir les lampes en fonction des sensibilités au spectre lumineux de la faune présente dans les sites à  équiper (les poissons ou les amphibiens n’ont pas les mêmes sensibilités aux caractéristiques de la lumière que les oiseaux ou les mammifères).

Tarentola mauritanica en chasse sous la lumière d'un lampadaire © Gilles Carcassès
Tarentola mauritanica en chasse nocturne sur un mur éclairé © Gilles Carcassès

Certains animaux savent profiter de l’aubaine de l’éclairage public, c’est le cas de cette tarente observée en Provence occupée à  gober les papillons de nuit piégés par la lumière de ce lampadaire n° B17.

Les chercheurs du Muséum se penchent sur les effets de la pollution lumineuse sur l’activité des chauve-souris.

 

L'actualité de la Nature, L'actualité des jardins

La Nature et le lampadaire

L’illumination de la ville permet d’en faire ressortir son histoire et son caractère. Mais attention à  ne pas en abuser !  Une utilisation déraisonnée de l’éclairage nocturne peut être néfaste sur de nombreux aspects et notamment sur la biodiversité.

© Charly Pineau
© Charly Pineau

Prenons l’exemple du papillon de nuit. Attiré par la lumière, il vole autour du  lampadaire jusqu’à  épuisement quand il ne se brà»le pas les ailes.

Le cas des oiseaux migrateurs est tout aussi édifiant :  ces oiseaux se repèrent durant leur migration grâce aux étoiles, et l’éclairage des grandes villes affecte leur sens de l’orientation, rendant leur voyage beaucoup plus périlleux.

De nombreuses espèces de chauve-souris sont très sensibles à  la lumière et sont incapables de franchir des zones éclairées de façon continue.

L'exemple à  ne pas suivre : un éclairage au sol dans un parc parisien © Gilles Carcassès
Un exemple à  ne pas suivre : un éclairage encastré au sol sans réelle pertinence paysagère © Gilles Carcassès

Un éclairage mal conçu peut engendrer une forte pollution lumineuse. Celle-ci peut être évitée en respectant les principes du développement durable.

Le juste éclairage est celui qui ne va pas au-delà  de ce qui est nécessaire et qui ne perturbe pas la biodiversité. C’est l’un des principes vertueux du Schéma Directeur d’Aménagement Lumière approuvé par la conseil communautaire de l’agglomération de Cergy-Pontoise en juin 2013.

Ce document indique notamment que l’éclairage au sol des arbres est une pratique qui n’est pas respectueuse de la faune et de la flore et qu’il convient de l’éviter.

De nombreux animaux ont une vie nocturne active, comme ce crapaud commun © Gilles Carcassès
De nombreux animaux ont une vie nocturne active, comme ce crapaud commun © Gilles Carcassès

Pour en savoir plus sur la protection de l’environnement nocturne